Publié le : mardi 7 février 2023

La France prête à se battre pour l’hydrogène bas carbone, produit avec de l’électricité nucléaire

france prete se battre pour hydrogene bas carbone produit avec electricite nucleaire - La DiplomatieCe 7 février 2023, la Commission européenne, le Parlement et le Conseil européen vont plancher sur la directive « énergie renouvelable ». Et un point précis attise l’inquiétude de la France : l’hydrogène. Le texte prévoit en effet des objectifs colossaux d’hydrogène renouvelable dans l’industrie. Mais n’accorde aucune place à l’hydrogène dit « bas carbone », produit avec de l’électricité nucléaire. Une absurdité, dénoncée par la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.

Les trois colégislateurs européens (Parlement, Conseil, Commission) vont étudier ce 7 février 2023 la directive « énergie renouvelable ». Et, sur le front de l’hydrogène, elle semble faire l’impasse sur le nucléaire, au grand dam de la France.

La directive prévoit en effet des niveaux d’hydrogène renouvelable, produit avec de l’électricité renouvelable (éolien, solaire, hydraulique, marine), considérables dans l’industrie : 42 % en 2030 et 60 % en 2035. Mais le texte ne dit pas un mot de l’hydrogène dit bas carbone, produit notamment à partir d’électricité nucléaire.

Or, la France compte bien utiliser ses réacteurs nucléaires pour produire de l’hydrogène, en particulier quand les renouvelables produisent beaucoup : dans ce genre de cas, des réacteurs doivent actuellement être modulés à la baisse, voire arrêtés.

Pour la France, refuser l’hydrogène produit avec du nucléaire est « une position climaticide et absurde »

De quoi provoquer la colère de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. « Les négociations à Bruxelles ne prennent pas une tournure satisfaisante. S’interdire d’utiliser le nucléaire, qui est une énergie émettant moins de carbone que le photovoltaïque ou l’éolien est une position climaticide et absurde », a-t-elle affirmé.

La France, la Roumanie, la Bulgarie, la Pologne, la Slovénie, la Croatie, la Slovaquie, la Hongrie et la République tchèque ont ainsi envoyé, le 1er février 2023, un courrier à la Commission européenne, défendant les vertus de l’hydrogène bas carbone. L’Allemagne et l’Espagne n’ont pas signé la lettre, mais ont donné des gages à la France durant les deux récentes rencontres bilatérales.

De quoi avancer avec un certain optimisme. En cas de blocage, les défenseurs du nucléaire pourraient-ils mettre en péril cette directive ? L’hypothèse n’est pas totalement farfelue.

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