Publié le : vendredi 16 septembre 2022

Nucléaire : le gouvernement allemand divisé sur l’avenir des centrales

nucleaire gouvernement allemand divise sur avenir centrales - La DiplomatieEn Allemagne, le ministre des Finances, le libéral Christian Lindner, milite ardemment pour une prolongation le plus longtemps possible des trois dernières centrales nucléaires encore en activité. Son homologue à l’Economie, l’écologiste Robert Habeck, refuse d’aller plus loin que fin décembre 2022. Le premier est soutenu par le Conseil des Sages. Le second par l’institut Ifo.

Que faire des trois dernières centrales nucléaires allemandes ? Avant le début de la crise énergétique, leur sort semblait réglé. Elles devaient être fermée à la fin de l’année 2022, clôturant (définitivement ?) l’histoire de l’énergie nucléaire outre-Rhin.

Mais l’explosion des prix du gaz et de l’électricité sont passés par là. Et mettre hors réseau des centrales encore capables de produire de l’électricité semble désormais peu raisonnable. Le ministre écologiste de l’Economie, Robert Habeck, vient de valider le maintien « en réserve » de deux centrales sur trois jusqu’en avril 2023. Elles seraient donc arrêtées à la fin de l’année, mais prêtes à redémarrer en cas de besoin.

Robert Habeck vs Christian Lindner, Economie vs Finances, écologistes vs libéral, contre vs pour le prolongement des centrales nucléaires

Ce choix a été critiqué par le ministre des Finances, Christian Lindner. « Aucune décision définitive n’a été prise. Il ne faut rien exclure », a-t-il rappelé, avant de lancer : « Tout ce qui peut contribuer à réduire la pénurie d’offre d’énergie doit être utilisé. Les trois centrales devraient être prolongées ».

Sa position est soutenue par le Conseil des Sages, ce groupe de cinq économistes qui conseillent le gouvernement allemand. Dans un tribune récente, ils ont appelés à « continuer à exploiter les centrales nucléaires restantes, au moins jusqu’à ce que la crise énergétique soit durablement surmontée ».

Maintenir une centrale en réserve représente des coûts élevés, presque autant que la maintenir en activité. Ils plaident donc pour une prolongation des trois centrales jusqu’en 2024. « Toutes les possibilités devraient être envisagées et discutées au-delà des guerres de tranchées idéologiques », concluent les Sages. Une pierre dans le jardin dans anti-nucléaires allemands.

Mais Robert Habeck peut lui aussi compter sur un soutien de référence en matière d’économie. L’institut Ifo a présenté une critique détaillé de la tribune ses Sages. Il rappelle notamment que le nucléaire se substitue davantage aux centrales au charbon qu’à celles au gaz, ces dernières étant plus immédiatement pilotable. Prolonger les centrales nucléaires ne feraient baisser les coûts de l’électricité que de 4% en 2023 et de 1,4% en 2024. Et ne ferait économiser que 0,2% du gaz consommé par l’Allemagne.

Pour l’institut munichois, ce prix est faible par rapport à l’importance de dire adieu à l’atome. Il montre surtout que les considérations climatiques ne rentrent pas en ligne de compte dans cette question. Le charbon est encore bon marché, continuons de le préférer au nucléaire  : c’est clairement la ligne défendue par l’Ifo, mais aussi par l’écologiste Robert Habeck, pour qui se débarrasser de l’atome vaut bien quelques millions de tonnes de CO2 de plus dans l’atmosphère.

 

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