Publié le : jeudi 9 juin 2022

Pas assez ambitieuse, la réforme du marché du carbone retoqué par le Parlement européen

pas assez ambitieuse reforme marche carbone retoque parlement europeen - La DiplomatieEn pleine adoption du « plan climat » proposé en 2021 par la Commission européenne, le Parlement européen s’est heurté à la réforme du marché du carbone. Le texte proposé, largement amendé par le PPE (droite), a été refusé par une alliance de la gauche, des écologistes et de l’extrême-droite. La proposition va retourner en commission pour modification, avant de revenir devant les eurodéputés.

Le Parlement européen examine cette semaine la moitié des propositions du « Plan climat » présenté par la Commission européenne en 2021. Ce 8 juin 2022, le Parlement a  ainsi adopté la fin de la vente des voitures thermiques pour 2035. En revanche, les eurodéputés ont rejeté la réforme du marché du carbone.

La proposition soumise par la commission environnement s’appuyait sur un élargissement du marché des échanges de CO2. Elle voulait également mettre fin aux quotas d’émission gratuits accordés aux industriels, en échange d’une taxe carbone aux frontières.

Mené par la gauche, les Verts et l’extrême-droite, le Parlement européen rejette la réforme du marché du carbone

Le texte final était le fruit d’un compromis entre le PPE (droite pro-européenne) et Renew (centristes et libéraux). Il réduisait à -63% par rapport à 2005 l’objectif de réduction d’émission des secteurs soumis au marché du carbone pour 2030. Bien moins ambitieux que le -67% décidé par la commission environnement du Parlement.

De même, cette commission avait proposé 2030 comme terme à la fin progressive des quotas gratuits, et donc comme point de départ d’une taxe carbone aux frontières pleine et entière. Mais le PPE a imposé un amendement décalant cette date à 2034, pour préserver la compétitivité de l’industrie. Limitant ainsi fortement l’impact du texte.

Ces compromis ont provoqué une profonde colère des eurodéputés des Verts, de S&D (sociaux-démocrates) et de la gauche radicale. Plus surprenant, l’extrême-droite s’est associée au mouvement de contestation. Le rapporteur du texte lui-même a appelé à le refuser en l’état, estimant qu’il « tuait » le marché du carbone.

Et, au final, le texte a été rejeté par 340 voix contre (265 pour, 34 abstentions). « Nous allons le ramener en commission et utiliser ce temps pour essayer de construire une position commune cohérente », a déclaré Iratxe García Pérez, présidente du groupe Socialistes & Démocrates.

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