Publié le : mercredi 7 avril 2021

Birmanie : la tiédeur du Conseil de sécurité de l’ONU face aux tueries

04 birmanie tiedeur conseil securite onu tueries - La DiplomatieDepuis la prise de pouvoir par les militaires en Birmanie, l’armée a massacré plusieurs centaines de civils dans des opérations de force visant à écraser toute contestation. Ce 2 avril 2021, le Conseil de Sécurité de l’ONU a condamné ces tueries. Mais la pression des diplomates chinois a grandement édulcoré le communiqué. Qui ne devrait avoir aucun effet sur la situation sur place.

Le 1er février 2021, un coup d’Etat militaire a renversé le pouvoir en place en Birmanie. L’armée se maintient depuis au pouvoir en faisant régner la terreur. Les militaires répriment ainsi violemment toute contestation, en particulier les manifestations d’opposants. Selon les derniers chiffres de l’Association pour les prisonniers politiques, 543 civils auraient été tués. Plusieurs centaines de personnes ont également été arrêtées et sont toujours portées disparues.

Ce 2 avril 2021, les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU sont parvenus à un accord pour un communiqué, qui condamne« fermement les morts de centaines de civils, incluant des femmes et des enfants », ainsi que « le recours à la violence contre des manifestants pacifiques ». Le Conseil de Sécurité demande aussi la libération de l’ancienne cheffe du gouvernement, Aung San Suu Kyi, et du président birman, Win Myint.

La Chine annule les menaces de sanctions du Conseil de Sécurité contre la junte au pouvoir en Birmanie

Mais trouver un consensus n’a pas été aisé pour le Conseil. La Chine, principal soutien de la Birmanie et qui n’a jamais reconnu le coup d’Etat, a tout fait pour limiter la portée du texte. Les diplomates chinois ont notamment réussi à supprimer le mot “meurtre” du texte. La Chine a surtout fait changer la conclusion du communiqué, qui précisait originellement que le Conseil était « prêt à envisager de nouvelles étapes ». Cette menace de sanctions a été purement et simplement effacée.

Cette condamnation de pure forme n’aura donc probablement aucun impact sur la situation en Birmanie et sur l’actions des militaires au pouvoir.

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