Publié le : lundi 15 février 2021

Sommet du G5 Sahel : quelle stratégie pour la France ?

10 sommet g5 sahel strategie france - La DiplomatieLe sommet du G5 Sahel, qui s’est ouvert ce lundi 15 février à N’Djamena (Tchad) et en visioconférence, fait le point sur la lutte anti-djihadiste dans la région. La France souhaite y réduire son engagement, et passer le relai politique et militaire aux cinq pays membres du G5 Sahel. Mais cette option est-elle seulement possible ?

En 2020, lors du précédent sommet du G5 Sahel, à Pau, la France avait décidé d’intensifier son soutien militaire pour lutter contre les attaques djihadistes dans le Sahel, en particulier dans la région des “trois frontières” (Mali, Niger et Burkina). 600 soldats français supplémentaires avaient rejoint l’opération Barkhane, faisant passer le contingent total à 5 100 militaires déployés sur place. Depuis 2013, 50 militaires français ont été tués en opération dans la région.

Ces 15 et 16 février 2021, les dirigeants des cinq Etats membres du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) sont réunis pour un sommet à N’Djamena (Tchad). Emmanuel Macron, président de la République Française, participera à une visioconférence, ce 15 février après-midi, aux cotés notamment du président du Conseil européen Charles Michel.

G5 Sahel : la France espère “un sursaut diplomatique et politique”

La France souhaite réduire son implication militaire dans la région, malgré une situation toujours explosive. Si les opérations militaires ont permis de tuer plusieurs chefs djihadistes sur place, les attaques terroristes demeurent pratiquement quotidiennes. En tout, près de 2 millions de civils ont été déplacées dans la région. Emmanuel Macron souhaiterait passer le relai, politiquement et militairement, aux cinq Etats membres du G5 Sahel. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a notamment appelé à “un sursaut diplomatique et politique” – qui ferait suite au “sursaut militaire” du sommet de Pau.

Reste que, sur place, les autorité locales peinent à imposer les décisions politiques : la France critique notamment l’incapacité à réinstaller l’Etat dans les zones sécurisées militairement, limitant de fait l’impact de ces succès stratégiques. Les armées locales, encore trop mal équipées et entraînées, peinent à prendre le relai seules : au Burkina Faso notamment, les militaires ne sortent que rarement de leurs bases, favorisant le réveil des groupes djihadistes. La France espère également pouvoir, à terme, réduire ses effectifs par l’internationalisation du soutien militaire, comme avec le nouveau groupement de forces spéciales Takuba, auquel participent plusieurs dizaines d’Estoniens, de Tchèques et de Suédois.

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