Publié le : vendredi 18 décembre 2020

Fusion nucléaire contrôlée : la Chine met en service son “soleil artificiel”

fusion nucleaire controlee chine soleil artificiel - La DiplomatieCe 4 décembre 2020, la Chine a officiellement mis en service son tokamak, ce “soleil artificiel” pouvant atteindre 150 millions de degrés et générer des réactions de fusion nucléaire. Ce réacteur s’intègre dans la participation chinoise au projet international Iter.

Attention, désinformation massive en cours ! L’annonce, ce vendredi 4 décembre 2020, par l’agence Chine Nouvelle, de la mise en service du premier “réacteur à fusion nucléaire” de Chine, dans le Sichuan, a provoqué une vague de réactions indignées (et peu informées) sur les réseaux sociaux, notamment en France.

Certes, la Chine dispose désormais d’un tokamak opérationnel, qui permet d’atteindre une température dépassant les 150 millions de degrés (10 fois la température de notre soleil), et va pouvoir expérimenter la fusion contrôlée des atomes de plasma. Ce “soleil artificiel” permet de produire une énergie théoriquement infinie, et propre, puisqu’elle ne génère ni déchets radioactifs ni gaz à effet de serre.

Fusion nucléaire : le projet Iter toujours en pôle-position

Il n’en fallait pas moins pour voir se déchaîner une vague d’indignations sur la course en tête de la Chine sur cette technologie, sur le retard de l’Europe et de la France en matière de nucléaire, sur l’erreur stratégique de ne plus investir dans le nucléaire, mâtinées de discours anti-éoliennes et panneaux photovoltaïques. C’est ignorer, d’une part, que la Chine investit massivement dans l’éolien et le photovoltaïque depuis plus de dix ans, et, d’autre part, que la Chine fait partie du projet international Iter, qui vise à dépasser les contraintes de la fusion nucléaire.

En effet, cette énergie nécessite de maintenir des températures extrêmement hautes sur de longue durée, dans des environnements contrôlés, avec des matériaux suffisamment solides pour ne pas fondre eux-mêmes, et surtout en produisant plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Or, plusieurs tokamak sont en service dans le monde, et l’un des plus performants actuellement est situé dans l’Union Européenne. Cette mise en service permet seulement à la Chine de se mettre au niveau : l’ingénieur en chef du projet, Yang Qingwei, a d’ailleurs déclaré que ce tokamak allait “apporter un soutien technique essentiel à la Chine” pour sa participation au projet Iter.

Iter regroupe en effet l’essentiel des puissances économiques mondiales, dont l’Union Européenne, la Chine, la Russie, les Etats-Unis ou l’Inde. Iter a commencé à construire un tokamak géant, qui devrait être le plus performant au monde à sa mise en service en 2025, à Saint-Paul-lès-Durance, en France. Le tokamak chinois n’est donc absolument pas la preuve d’un retard technologique de l’Europe ou de la France…

 

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