Publié le : vendredi 11 décembre 2020

Et si les thèses complotistes de Trump offraient le Sénat à Joe Biden ?

Ce 5 janvier 2021 auront lieu deux élections cruciales pour la prochaine mandatures aux Etats-Unis, en Géorgie, pour déterminer les deux derniers membres du Sénat. L’équation est simple : il suffit que les Républicains remportent l’une des deux pour conserver la majorité. Mais Donald Trump, par sa remise en doute du processus démocratique, est en train de décourager les électeurs républicains d’aller voter…

Une prophétie auto-réalisatrice ? Depuis la fin des élections présidentielles, Donald Trump, officiellement battu par son concurrent démocrate Joe Biden, ne cesse de crier au complot, au trucage des élections, à la fraude – sans aucune preuve avérée. Ses critiques se concentrent notamment sur un Etat charnière : la Géorgie. Un troisième décompte est en cours dans cet Etat historiquement plutôt républicain, remporté de justesse par Joe Biden.

Or, c’est en Géorgie qu’auront lieu, le 5 janvier, les seconds tours de deux élections sénatoriales qui décideront du visage définitif du Congrès américain. Si le Parlement est majoritairement démocrate, le Sénat est en bascule. Les Républicains y disposent de 50 sièges, les Démocrates et leurs alliés de 48. Il reste donc deux sièges à pourvoir, en Géorgie. En cas d’égalité à 50/50, la voix de la vice-présidente Kamala Harris ferait pencher la balance du coté des Démocrates.

L’équation est donc simple : si les Républicains gagnent un de ces deux seconds tours, ils conserveront la majorité au Sénat, et pourront bloquer la mise en place de mesures par l’administration Biden. Si les Démocrates remportent les deux, le président élu aura les mains libres pour ses réformes.

Les candidats républicains contraints à un grand écart

Or, Donald Trump répète en boucle que ces deux élections seront aussi truquées que la présidentielle, et que le résultat est déjà connu : « Pour la prochaine élection, ils utilisent les mêmes machines pourries de Dominion » a récemment déclaré le milliardaire. En répétant à l’envie que le secrétaire d’Etat républicain de la Géorgie, Brad Raffensperger, qui a certifié les résultats du scrutin présidentiel, est un « ennemi du peuple », il renforce la défiance des électeurs républicains pour le processus démocratique, les décourageant en masse d’aller voter.

Sur place, les deux candidats tentent de fédérer leurs troupes, et d’expliquer que chaque vote compte, pour convaincre les électeurs de se rendre aux urnes. Mais ils se refusent, dans le même temps, à nier que l’élection présidentielle ait été truquée, pour ne pas déplaire aux pro-Trump… Un grand écart qui pourrait profiter aux Démocrates.

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