Publié le : mardi 18 février 2020

Travail des enfants : Dominique Nouvian Ouattara profite du sommet Royaume-Uni–Afrique pour faire avancer son combat

 

 

La Première dame ivoirienne et Jennifer Townson, en charge des questions d’immigration et d’esclavage moderne au sein du ministère britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth, ont posé les bases d’un réseau international pour lutter contre ce fléau.

 

C’est Mme Townson qui a lancé la proposition. Le réseau international qu’elle appelle de ses vœux rassemblerait dans un premier temps les États-Unis, la Côte d’Ivoire et le Royaume-Uni. Objectif : unir les forces pour lutter contre toutes les formes d’exploitation envers les mineurs.

C’est en écoutant la Première dame ivoirienne que la fonctionnaire britannique a pu mesurer l’importance d’un tel réseau. En marge du premier sommet Royaume-Uni–Afrique, qui s’est tenu à Londres le 20 janvier, Dominique Nouvian Ouattara a en effet eu une séance de travail avec Jennifer Townson. La Première dame a profité de l’occasion pour expliquer les actions que mène la Côte d’Ivoire dans la lutte contre le travail des enfants.

Également présidente du Comité national de surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS), Mme Nouvian Ouattara a présenté les quatre axes d’intervention définis par les acteurs ivoiriens dans le cadre de la lutte contre le travail des enfants. Il s’agit des mesures liées à la prévention du phénomène, à la protection des enfants victimes, à la poursuite et la répression des trafiquants et à la coordination et au suivi-évaluation des actions.

À peine quelques jours avant le sommet londonien, la lutte ivoirienne contre la traite et l’exploitation des mineurs montrait une nouvelle fois son efficacité. Pas moins de 137 enfants promis au travail dans les champs, dans le commerce, voire dans la prostitution, ont été sauvés lors d’une opération policière menée les jeudis 9 et vendredi 10 janvier dans l’est du pays, selon les informations du CNS.

 

Deux problèmes majeurs

« Nous avons pu secourir 137 enfants victimes de traite et d’exploitation. Les enfants sauvés sont de nationalité nigériane, nigérienne, béninoise, ghanéenne et togolaise » a déclaré le commissaire divisionnaire Kouadio Yeboué Marcelin, préfet adjoint de police d’Aboisso (sud-est, près de la frontière avec le Ghana), dans le communiqué diffusé par le CNS.

Lors de sa réunion avec Jennifer Townson, Dominique Nouvian Ouattara a en effet insisté sur le caractère transnational du fléau qu’elle combat. « Nous sommes confrontés à deux problèmes majeurs en Côte d’Ivoire. Nous avons des enfants qui viennent de l’extérieur pour travailler dans des plantations et nous avons aussi des parents qui font travailler leurs enfants. Maintenant que l’école est obligatoire en Côte d’Ivoire, nous leur faisons comprendre qu’il n’est plus possible de faire travailler les enfants dans les plantations et qu’ils doivent plutôt aller à l’école », a expliqué à Mme Townson l’épouse d’Alassane Ouattara.

Elle est ensuite revenue sur les défis clefs que la Côte d’Ivoire doit relever. Il s’agit en particulier de la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement du cacao pour s’assurer que les enfants ne sont pas utilisés dans sa production, de la lutte contre l’utilisation des enfants dans les plantations situées dans les forêts classées, dont les difficultés d’accès représentent un défi considérable pour la protection des enfants, et de la lutte contre la traite transfrontalière.

 

Communiquer davantage

À ces défis, il convient d’ajouter la lutte contre l’orpaillage clandestin et illégal et le renforcement de la communication et de la visibilité des efforts de la Côte d’Ivoire sur le plan international, a ajouté Mme Ouattara.

Enfin, la Première dame ivoirienne a attiré l’attention sur les actions « vigoureuses » qui doivent être menées pour réussir à éradiquer définitivement le travail des enfants. En effet, bien que le pays ouest-africain ait réalisé des progrès considérables en la matière, salués par la communauté internationale, un long chemin reste à parcourir. Dans ce contexte, Dominique Nouvian Ouattara estime essentiels l’élaboration de mesures tendant à l’accroissement du pouvoir des inspecteurs du travail pour les rendre plus efficaces, l’augmentation du nombre d’unités spécialisées de la police, l’amélioration du mécanisme de traçabilité des plantations de cacao, l’accentuation de la communication internationale dans les pays anglophones ou encore le renforcement de la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

Saluant l’important travail accompli par Mme Nouvian Ouattara, Jennifer Townson a encouragé la Première dame à utiliser davantage les tribunes des Nations unies pour faire avancer cette cause. C’est justement afin de mieux faire connaître les actions menées dans ce domaine que Mme Townson a proposé de mettre sur pied le réseau international des alliés dans la lutte contre un fléau qui continue de priver de leur liberté des millions d’enfants dans le monde.

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