Publié le : lundi 23 décembre 2019

Les Ouïghours : une question de survie pour ce peuple opprimé

Depuis quelques années maintenant, les Ouïghours sont persécutés et emprisonnés en Chine. Victimes d’une très faible médiatisation, ils reçoivent (enfin) le soutien de quelques pays, dont la France.

Les Ouïghours : un peuple délaissé

Les Ouïghours sont des musulmans turcophones qui vivent dans la région autonome du Xinjiang, à l’extrême-ouest de la Chine. Dans cette région 3 fois plus grande que la France, plus d’un million de Ouïghours sont retenus dans des camps d’internement. Les Ouïghours vivent dans l’oppression, et sous une surveillance permanente. Les autorités chinoises ont interdit le port du voile sur toute la longueur ainsi que les longues barbes.

Après des accusations d’attentats terroristes, les Ouïghours ont été envoyés dans des camps créés afin de « lutter contre le terrorisme ». Les arrestations se font de manière totalement arbitraire. Il n’y a ni preuves ni procès, mais un seul but : le « lavage de cerveau » pour forcer les Ouïghours à adhérer à l’idéologie et la politique du gouvernement communiste.

Une situation trop peu médiatisée

La Chine est un pays très traditionaliste qui a mis du temps à s’ouvrir au monde. Cela se ressent encore aujourd’hui avec une censure omniprésente dans différents domaines. L’État contrôle tout : les médias (donc les journalistes), les oeuvres d’art, la musique, les films…

Au niveau politique, tous ceux qui s’opposent au gouvernement sont victimes de représailles comme on a pu le voir récemment entre Hong Kong et Pékin.

En ce qui concerne les camps, la censure est si importante que beaucoup de personnes ne connaissent pas les Ouïghours. Ni même qu’un génocide se passe en ce moment même. Aller chercher de l’information à propos de ces camps est très compliqué pour les journalistes qui ne sont pas vraiment bienvenus dans la région du Xinjiang.

Ce territoire autonome est un des mieux équipé en matière de caméras dotées de reconnaissance faciale surveillant ainsi les faits et gestes des 2,5 millions d’invividus. L’idée de censure devient alors paradoxale : le gouvernement sait tout sur tout le monde mais n’a rien à dire sur les Ouïghours ? Ni sur ce qu’il se passe dans ces « camps de rééducation ».

Un nouveau génocide ?

Gulbahar Jelilova se confiait en mai 2019 à France 24 au sujet de sa détention de plus d’un an. Elle explique que toutes les semaines, les détenues subissent des séances de lavage de cerveau : elles doivent regarder une vidéo de Xi Jinping, et prêter allégeance au Parti Communiste. Le matin, chanter l’hymne chinois ou un autre chant de propagande est obligatoire : « Sans le Parti communiste, pas de nouvelle Chine ! Pas de nouvelle Chine ! ».

Mercredi 27 novembre 2019, Paris prend la parole. Suivant l’exemple des États-Unis qui avaient condamné ces camps en octobre dernier, la porte-parole du ministère français des affaires étrangères s’est exprimée en demandant aux « autorités chinoises à mettre un terme aux détentions arbitraires de masse dans des camps ». Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a également invité la Chine à autoriser la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU à examiner la situation dans les camps. Angela Merkel suit rapidement la France et condamne ces détentions de plus d’un million de musulmans.

Ces accusations ont été faites suite à la fuite de documents décrivant précisément la situation de ces camps et les conditions d’internement de cette population.

Pékin a répondu et nie le nombre d’un million de détenus, avant de décrire ces camps comme des « centres de formation professionnelle » contre la radicalisation islamiste. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, accuse également ces documents d’être une pure invention et ajoute que les affaires de cette région « relèvent entièrement des affaires intérieures de la Chine ».

 

Article rédigé par Jérémy PUECH, Axel TECHER, et Lina LABIAD.

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