Publié le : dimanche 23 juin 2019

Tchéquie : manifestation record contre le premier ministre

Accusé d’avoir détourné des subventions européennes au profit de trusts qu’il possède, le premier ministre tchèque, Andrej Babis, est violemment remis en cause par le rue. Plus de 250 000 personnes ont manifesté aujourd’hui à Prague. Un record depuis la chute du communisme en 1989.

Les services juridiques de l’Union Européenne enquêtent depuis de longs mois sur le premier ministre tchèque Andrej Babis. Ils ont notamment découvert qu’il « apparaît comme le seul bénéficiaire » de trusts dans lesquels ont été placées en 2017 ses parts dans deux entreprises, Agrofert et d’Agrofert Group.

Or, ces deux groupes (soit directement soit via des prises de participation) ont touché environ 17,4 millions d’euros de subventions européennes, durant le mandat de M. Babis. Bruxelles réclame le remboursement de ces sommes.

” Renouer avec le legs et les valeurs de 1989 »

Et le premier ministre a beau clamer sa bonne foi, la rue réclame sa tête. Ce dimanche 13 juins, plus de 250 000 personnes (selon les organisateurs) se sont pressés à Prague pour lui demander de quitter le pouvoir. Il s’agit du plus grand rassemblement populaire depuis 1989 et les manifestations qui avaient conduit à la chute du communisme, dans ce qui était encore la Tchécoslovaquie. Symboliquement, le mouvement populaire a envahi un haut lieu de 1989, l’esplanade de Letna.

« Nous ne faisons pas une révolution, mais nous voulons renouer avec le legs et les valeurs de 1989 », a déclaré Benjamin Roll, vice-président de l’ONG “Million de moments pour la démocratie”, à l’origine du rassemblement. « Je rejette énergiquement l’affirmation que je m’ingère dans l’indépendance de la justice », a réagi le même jour M. Babis.

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