Publié le : mardi 19 mars 2019

Slovaquie : un premier tour électoral marqué par le meurtre d’un journaliste

Ce samedi 16 mars, les Slovaques se sont rendus aux urnes pour le premier tour électoral présidentiel. Une élection qui pourrait être influencée par le meurtre, en 2018, du journaliste Jan Kuciak.

Zuzana Caputova, 45 ans, cheffe adjointe du parti “Slovaquie progressiste” et avocate libérale environnementaliste, serait en tête au premier tour des élections présidentielles. Celle dont le parti ne dispose d’aucun siège au Parlement obtiendrait selon la dernière enquête d’opinion publique réalisée début mars, 52,9% des voix contre 16,7% des suffrages pour Maros Sefcovic, commissaire européen soutenu par le parti du SMER-SD (populiste centre gauche), actuellement au pouvoir.

« Lutter contre le mal… »

Soutenue par le président sortant Andrey Kiska, Zuzana Caputova appelle à « lutter contre le mal ». L’inculpation, ce jeudi 14 mars, de Marian Kocner, le commenditaire présumé du meurtre de Jan Kuciak, pourrait aider la candidate à remporter l’élection présidentielle.

Une élection présidentielle sur fond meurtrier

Le 26 février 2018, les corps du journaliste Jan Kuciak et de sa fiancée, âgés tous deux de 27 ans, avaient été retrouvés criblés de balles. Le reporter effectuait des recherches sur des liens supposés entre des membres du gouvernement appartenant au SMER-SD et la mafia italienne. Des subventions européennes étaient, selon lui, détournées.

Face à onze autres candidats, Zuzana Caputova, libérale proeuropéenne,symbolise le changement, et une rupture avec ces assassinats politiques. Elle pourrait bel et bien remporter la victoire électorale au second tour, le 30 mars prochain.

A moins que l’inculpation de Marian Kocner et de quatre autres personnes pour le meurtre de Jan Kuciak soit interprétée par les électeurs comme un signe du bon fonctionnement du gouvernement. « Avec cette annonce, les autorités ont peut-être voulu montrer à quel point l’État fonctionnait efficacement, afin d’aider Sefcoviv à gagner des points », estime Grigorij Meseznikov, analyste politique basé à Bratislava.

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