Publié le : vendredi 8 mars 2019

Les relations entre les Etats-Unis et l’Egypte au plus haut

Après une courte parenthèse en 2017, les liens entre les deux pays sont aujourd’hui plus forts que jamais. Croissance économique et lutte contre le terrorisme sont les éléments clés d’un partenariat de plus en plus solide.

Des relations au beau fixe. Le 3 mars dernier, l’Égypte et les États-Unis dévoilaient conjointement un nouveau système d’eaux souterraines aux catacombes de Kom El-Shuqafa à Alexandrie. Une amitié affichée dès le début de l’année avec la venue au Caire début janvier de Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain, dans le cadre de sa tournée au Moyen-Orient. Ce dernier et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi sont apparus ensemble devant la presse au palais présidentiel afin de rappeler l’alliance qui unit les deux pays et de partager ensemble une stratégie régionale cohérente. Une stratégie de coopération développée par Pompeo lors de son discours à l’Université américaine du Caire.

Principal partenaire de Washington, l’Égypte, acteur diplomatique clé au Moyen-Orient, devait se retrouver au cœur de cette nouvelle alliance, qui n’a fait que s’approfondir depuis. « L’Égypte joue un rôle vital dans la sécurité et la stabilité régionales par ses efforts de lutte contre le terrorisme, son soutien au processus politique facilité par l’ONU en Libye, ses efforts pour contrer les activités malveillantes du régime iranien et le maintien du Traité de paix israélo-égyptien, qui célébrera son quarantième anniversaire en mars prochain », affirme aujourd’hui le département d’État américain, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères.

La relation entre les deux pays n’a cessé de se renforcer, en particulier depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi, que les États-Unis voient comme « un partenaire inébranlable dans la lutte contre le terrorisme et une voix courageuse pour dénoncer l’idéologie islamiste radicale qui nourrit ce dernier ». Dernièrement, le porte-parole de la diplomatie américaine Robert Palladino a publiquement soutenu le système judiciaire égyptien envers les terroristes, qui « met à disposition des personnes condamnées à la peine capitale un recours judiciaire et administratif ».

L’Egypte a su répondre aux « inquiétudes » américaines

Les chiffres sont là pour en témoigner. Le total des échanges bilatéraux de marchandises entre les États-Unis et l’Égypte s’élevait à 5 milliards de dollars en 2016. Grâce au soutien américain, le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) du FMI a permis au Caire de bénéficier d’un prêt de 12 milliards de dollars afin de « relancer l’économie, améliorer l’environnement des affaires et installer les conditions d’une croissance équilibrée et sans exclus », selon la Banque mondiale. Le gouvernement américain vient par ailleurs de financer, à hauteur de 430 millions de dollars, un projet visant à restaurer et assurer la maintenance d’un gazoduc dans le but de renforcer la fourniture de gaz naturel en Égypte.

Suspendues en 2017, les aides militaires américaines au profit de l’Égypte ont été rétablies l’an dernier. Washington a en effet débloqué 195 millions de dollars afin de renforcer la coopération bilatérale en matière de lutte contre le terrorisme et sur les dossiers régionaux. « Nous reconnaissons les mesures prises par l’Égypte en réponse aux inquiétudes des États-Unis », a déclaré l’administration américaine en rappelant sa détermination à « renforcer [ses] relations stratégiques » avec le pays africain. D’après les chiffres du département d’État, les États-Unis ont fourni à l’Égypte plus de 40 milliards de dollars en aide militaire et 30 milliards de dollars en aide économique depuis 1980.

Intérêts communs

Si l’assistance militaire vise notamment à soutenir la sécurité maritime et frontalière de l’Égypte, ainsi que sa lutte contre le terrorisme, l’aide économique est quant à elle destinée à améliorer l’éducation, l’accès à l’eau potable, la santé, la croissance économique, ou encore la préservation du patrimoine égyptien. « Les relations commerciales, sécuritaires et interpersonnelles profondes entre nos deux pays sont fondées sur l’intérêt et le respect mutuels, ainsi que sur notre engagement commun dans la lutte contre le terrorisme et pour la prospérité », a déclaré en juillet dernier Mike Pompeo.

Le chef de la diplomatie américaine soulignait ainsi le rôle central que joue l’Egypte dans une région particulièrement sensible. Le pays, qui entretient une relation forte avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït, œuvre également en faveur d’un accord de trêve entre le Hamas et Israël et de la réconciliation inter-palestinienne entre le Fatah et le Hamas. Pour les Américains, cela en fait un partenaire de choix dans les négociations de paix entre Israéliens et  Palestiniens ainsi que sur les dossiers syrien et libyen.

« Les États-Unis et l’Égypte partagent de nombreux intérêts en matière de sécurité et bénéficient d’un partenariat solide en matière de sécurité, qui comprend une coopération sur les demandes de survol et le transit par le canal de Suez, ainsi qu’un engagement sans faille en faveur de la défaite de l’organisation État islamique », conclut le département d’État américain tout en saluant « les efforts du président Sissi pour promouvoir la liberté religieuse, qui constituent un exemple pour tous les dirigeants et les peuples du Moyen-Orient ».

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