Publié le : mercredi 19 décembre 2018

Prix Nobel de la Paix : les violences sexuelles mises en avant

Le Prix Nobel de la Paix a été remis, le lundi 10 décembre 2018, aux deux lauréats désignés en octobre, la yazidie Nadia Murad, ex-esclave sexuelle des djihadistes en Irak, et le congolais Denis Mukwege, un gynécologue défendant les victimes d’agressions sexuelles.

Nadia Murad est une jeune femme de 25 ans, membre d’une communauté kurdophone du nord de l’Irak, les Yazidis. Suite à une offensive de l’organisation Etat Islamique en 2014, elle a été, comme des milliers de femmes yazidies, capturée, séquestrée et violée à répétition par les djihadistes.

Elle a réussi à s’évader et se bat depuis pour la défense de sa communauté, notamment les 3 000 femmes et enfants encore détenus par les djihadistes. “Il est inconcevable que la conscience des dirigeants de 195 pays ne se soit pas mobilisée pour libérer ces filles. S’il s’était agi d’un accord commercial, d’un gisement de pétrole ou d’une cargaison d’armes, gageons qu’aucun effort n’aurait été économisé pour les libérer” a déclaré, en kurde, Nadia Murad, en recevant le Prix Nobel de la Paix, à Oslo, ce lundi 10 décembre 2018.

A ses cotés se tenait l’autre lauréat 2018, le docteur Denis Mukwege, un gynécologue de 63 ans de République Démocratique du Congo (RDC), lui aussi au premier rang de la lutte contre les violences sexuelles. Depuis 20 ans, il soigne des victimes dans son hôpital de Panzi dans l’est de la RDC, région déchirée par des violences chroniques.

“Faire la guerre contre l’indifférence qui ronge nos sociétés”

Dans son discours, il a mis en cause l’actuel président de la RDC, Joseph Kabila, affirmant que les atrocités auxquelles il a assisté étaient “les conséquences déchirantes de la mauvaise gouvernance : bébés, filles, jeunes femmes, mères, grands-mères, et aussi les hommes et les garçons, violés de façon cruelle, souvent en public et en collectif, en insérant du plastique brûlant ou en introduisant des objets contondants dans leurs parties génitales”.

Sa conclusion aurait pu être reprise par Nadia Murad, et résumait le message que voulait faire passer l’Académie Nobel pour cette année : “Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard. S’il faut faire la guerre, c’est la guerre contre l’indifférence qui ronge nos sociétés”.

 

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