Publié le : mercredi 21 novembre 2018

Le cas de Gibraltar peut-il faire capoter l’accord sur le Brexit ?

Le gouvernement espagnol a fait preuve de fermeté : le cas de Gibraltar devra être traité à part de l’accord sur le Brexit, en cours de finalisation. L’Espagne veut profiter de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne pour réformer son rapport au “caillou”. Si l’UE ne répond pas à ses exigences, Madrid pourrait bien ne pas signer le texte.

Le statut du territoire de Gibraltar, situé à l’extrême sud de l’Andalousie, continue de poser question. Toujours considéré par l’ONU comme une “colonie britannique” mais comme un territoire d’Outre-Mer par le Royaume-Uni, l’Espagne voisine y voit surtout un paradis fiscal intégré dans le même espace de livre circulation des voyageurs et des marchandises (l’Union Européenne), alors qu’il n’applique pas la même fiscalité que Madrid.

Le gouvernement espagnol entend profiter du Brexit pour réformer son rapport à Gibraltar, afin de lutter contre le dumping fiscal, le manque de transparence financière et la contrebande de tabac émanant du rocher. Pas question pour Madrid que Gibraltar soit inclus dans le “territoire douanier unique” que devrait intégrer le Royame-Uni à sa sortie de l’Union. L’Espagne souhaite des négociations à part, bilatérales, avec le gouvernement britannique sur cette question.

“L’Espagne votera, s’il n’y a pas de changement, non au Brexit »

L’accord sur le Brexit, finalisé de haute lutte en début de semaine, semble donner toutes les garanties que la volonté espagnole sera respectée. Mais une zone de flou dans un article, ajouté tardivement au texte, peut laisser entendre que Gibraltar sera englobé dans le fameux territoire douanier unique.

Dès lors, Madrid exige que l’accord certifie noir sur blanc que le cas de Gibraltar sera traité à part. Dans le cas contraire, l’Espagne risque de faire jouer son droit de veto : « A ce jour, je regrette de dire qu’un pays aussi proeuropéen que l’Espagne votera, s’il n’y a pas de changement, non au Brexit » a déclaré sans ambiguïté le président socialiste du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

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