Publié le : lundi 22 octobre 2018

Viktor Orban : le jeu dangereux de la droite européenne

Le mercredi 17 octobre 2018, les dirigeants du Parti Populaire Européen (PPE), union des partis de droite “classique” d’EUrope, ont décidé de conserver dans leur rang Viktor Orban, dirigeant de la Hongrie, sous le coup d’un vote sanction du Parlement Européen pour non-respect de l’état de droit. En cédant à des considérations électoralistes et en ne s’alignant pas sur la position de Jean-Claude Junker, président de la Commission Européenne (et membre du PPE), les droites européennes jouent un jeu dangereux.

Le 12 octobre 2018, suite à un vote massif du Parlement Européen pour sanctionner la Hongrie de Viktor Orban de ses coups de canif répétés contre l’état de droit (notamment ses menaces de fermer l’Université créé par Georges Soros), le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Junker, avait déclaré : “Viktor Orban n’a plus sa place au sein du PPE”.

Le PPE, c’est le Parti Populaire Européenne, qui unit les formations de droite “classique” de l’UE : arrivé en tête des dernières élections européennes, il dirige, dans une large coalition avec le Parti Socialiste, le Parlement Européen. Ce PPE a toujours refusé toute forme d’alliance avec les partis d’extrême-droite ou à tendance fascisante. Or, Viktor Orban, acclamé par toutes les droites radicales d’Europe et fustigeant régulièrement l’Union Européenne, est membre du PPE.

« Pas d’exclusion, pas de sanction, rien du tout »

La question de son maintien dans cette formation politique était posée. Les dirigeants des principaux partis membres du PPE, dont Angela Merkel et Laurent Wauquiez, se sont donc réunis le 17 octobre. Le résultat de la consultation a le mérite de la clarté : « Pas d’exclusion, pas de sanction, rien du tout » a déclaré Antonio López-Istúriz, le secrétaire général du PPE.

A six mois de élections européennes, cette décision vise, évidemment, à conserver au sein du PPE un grand pourvoyeur d’eurodéputés. En sacrifiant les grands principes démocratiques sur l’autel de considérations électoralistes, la droite européenne joue avec le feu.

Dans une période qui voit les droites se durcir, un peu de courage politique aurait rassuré les amoureux de la liberté. Espérons que ce 17 octobre 2018 ne sera pas considéré, au yeux de l’Histoire, comme l’instant où les droites d’Europe ont ouvert la boîte de Pandore.

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