Publié le : mercredi 10 octobre 2018

Accès à l’océan de la Bolivie : la CIJ donne raison au Chili

Voici une décision qui risque… de ne rien changer à une situation diplomatique plus que tendue. Suite à une plainte de la Bolivie en 2013, la Cour Internationale de Justice devait statuer sur l’accès à l’Océan Pacifique dont le Chili a privé le pays voici 130 ans. La Bolivie a été déboutée, provoquant la joie de la diplomatie chilienne, mais n’a pas pour autant refroidi la détermination bolivienne de récupérer une voie vers le Pacifique.

L’affaire remonte à la fin du XIXème siècle quand, durant la guerre dite “du Pacifique” (1879-1883), le Chili, soutenu par l’Angleterre, a conquis des territoires appartenant au Pérou et à la Bolivie, dont l’intégralité de la façade maritime de ce dernier Etat, l’enclavant dans les Andes. Malgré la signature d’un traité de paix entre le Chili et la Bolivie en 1904, et même si la Bolivie dispose d’un libre accès des personnes et des marchandises en territoire chilien jusqu’à la mer, La Paz n’a eu de cesse, depuis, de réclamer à son voisin un accès à l’Océan Pacifique.

Depuis 1978, la Bolivie a même décidé de suspendre ses relations diplomatiques avec le Chili, malgré plusieurs tentatives des Etats d’Amérique du Sud de trouver une solution à ce conflit. Dernier rebondissement en 2013 : le président bolivien Evo Morales a porté plainte devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, pour qu’elle force le Chili à négocier « de bonne foi un accord rapide et effectif ».

« La Bolivie ne renoncera jamais

La plainte a été jugée recevable en 2015. Le 1er octobre, la CIJ a rendu son arrêt, ferme, définitif et ne pouvant faire l’objet d’un appel : par douze voix contre trois, la Cour a décidé que le Chili n’était en rien obligé de négocier avec son voisin. Le juge de la CIJ Abdulqawi Ahmed Yusuf a ajouté qu’il espérait tout de même qu’« avec la volonté des deux parties, des négociations sérieuses pourraient être engagées ».

Du coté de Santiago, cet arrêt est fêté comme une victoire : « La CIJ a établi de manière claire et catégorique que le Chili a toujours respecté ses obligations en matière de droit international et dans ses relations avec la Bolivie  » a déclaré le président chilien, Sebastian Piñera.

De quoi enfin apaiser les relations entre les deux pays ? Peu probable. « La Bolivie ne renoncera jamais. Le peuple bolivien sait que l’accès souverain à l’océan Pacifique nous a été enlevé à travers une invasion » a ainsi déclaré Evo Morales, depuis La Haye, à l’annonce du verdict.

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