Publié le : jeudi 4 octobre 2018

Alemagne : Merkel fragilisée… dans son propre camp !

Rien ne va plus pour Angela Merkel : alors que les vives tensions avec M. Seehofer, son allié président de la CSU et ministre de l’intérieur, ont conduit sa coalition au bord de l’explosion, la chancelière allemande vient de subir un nouveau camouflet. Volker Kauder, fidèle d’Angela Merkel, n’a pas été réélu à la tête du groupe CDU-CSU à l’assemblée.

Le bateau Merkel tangue de plus en plus. Fragilisée par le recul de la CDU-CSU aux élections de 2017 (33 % des voix, contre 41,5 % en 2013), qui l’avait forcé à réunir une coalition assez large pour former un gouvernement, la chancelière allemande traverse une crise majeure avec son principal allié, le président de la CSU, M. Seehofer, actuel ministre de l’intérieur. Leurs oppositions frontales ont mené la coalition au bord du précipice voici quelques jours.

Les députés CDU-CSU semblent eux-mêmes lassé de la gouvernance Merkel. Et pour bien le faire sentir, ils n’ont pas, lors de l’élection annuelle de leur président de groupe à l’assemblée, reconduit Volker Kaufer. Ce dernier avait pris la suite d’Angela Merkel à ce poste en 2005, quand elle avait été nommée chancelière. Il avait depuis été régulièrement réélu avec des scores dépassant les 90%.

Mais, fait nouveau cette année, il avait un candidat en face de lui. Ralph Brinkhaus a assuré ne pas se présenter “contre” la chancelière, mais son discours réclamait clairement une nouvelle orientation de la CDU-CSU : « Ce dont nous avons besoin, c’est d’action, il faut une forme de sursaut vis-à-vis de l’extérieur ainsi qu’à la base du parti », a-t-il expliqué à ses collègues.

« C’est une révolte contre Merkel »

Ces derniers ont visiblement suivi cette opinion, puisqu’il l’a emporté, par 125 voix contre 112 pour le fidèle Volker Kaufer. Le reste de la classe politique ne s’y est d’ailleurs pas trompé : « C’est une révolte contre Merkel », a tweeté Thomas Oppermann, vice-président du Bundestag et membre du Parti social-démocrate (SPD), allié de la CDU-CSU au sein de la coalition.

L’opposition s’est montrée encore plus critique : « L’autorité de la chancelière dans son propre groupe est détruite », a réagi Alexander Graf Lambsdorff, vice-président du groupe libéral-démocrate (FDP).

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