Publié le : mercredi 3 octobre 2018

Yémen : le soutien américain en question

Malgré l’opposition d’une grande partie du Congrès, Donald Trump continue de défendre sans retenue le soutien américain à l’intervention arabe contre la rébellion houtiste, au Yémen. Un soutien logistique capital pour l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, plus que jamais pivots et soutiens numéros 1 de la politique américaine au Moyen-Orient.

Alors que l’opinion occidentale commence à se scandaliser des massacres provoquées par la guerre qui fait rage au Yémen, le Congrès américain marque de plus en plus sa défiance envers la politique de soutien logistique menée par l’administration Trump. Là où son prédécesseur, Barack Obama, avait accepté du bout des lèvres, de soutenir l’intervention militaire arabe, menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, contre la rébellion houtiste, Donald Trump défend pleinement ses alliés et assume son soutien total à l’intervention de Ryad et d’Abou Dhabi.

En mars, une résolution a été présentée au Congrès américain visant à mettre fin à ce soutien logistique apporté par les Etats-Unis à la coalition arabe – une résolution défendue tant par le sénateur indépendant Bernie Sanders (très à gauche sur l’échiquier politique américain) que par le républicain Mike Lee, de l’Utah (très à droite sur ce même échiquier). Elle a été rejetée de justesse. Une seconde a, en revanche, été acceptée : elle impose désormais aux département d’Etat de certifier que les gouvernements d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis mettent tout en œuvre pour mettre fin à la guerre, alléger la crise humanitaire et protéger les civils.

Les larmes de crocodile de Trump sur « l’horrible, l’abominable guerre civile au Yémen »

Pourtant, les “bavures” et les massacres de civils se poursuivent. Le discours de Donald Trump à l’Assemblée Générale de l’ONU, le 27 septembre, est d’ailleurs emblématique : s’il a déploré « l’horrible, l’abominable guerre civile au Yémen », il a défendu bec et ongle Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis, qui pour lui “poursuivent de multiples voies » pour mettre fin à ce conflit et ont promis, d’après lui, des milliards de dollars d’aide humanitaire aux civils yéménites.

Le fait est que, dans un Moyen-Orient en forme de poudrière, Donald Trump entend chouchouter ses alliés saoudiens et émiratis, dont les chefs d’Etat, Mohammed Ben Salman et Mohammed bin Zayed, sont des proches de l’un de ses plus proches conseillers, son gendre, Jared Kushner. Dans l’optique des futures négociations sur la question palestiniennes, ce dernier a besoin du soutien indéfectible de Ryad et d’Abou Dhabi. De quoi fermer les yeux sur quelques victimes civiles…

 

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