Publié le : lundi 24 septembre 2018

Maldives : battu à la présidentielle, Abdulla Yameen lâchera-t-il le pouvoir ?

L’élection présidentielle des Maldives s’est soldé par la victoire du candidat de l’opposition, le méconnu Ibrahim Mohamed Solih, avec 58,3% des voix. Le président sortant, Abdulla Yameen, acceptera-t-il docilement le jeu démocratiques après cinq ans de dérives autoritaires ?

La campagne des élections présidentielles des Maldives a suscité de profondes critiques des observateurs internationaux, qui ont estimé que le scrutin ne pouvait être « libre et équitable » – la campagne aurait été truquée en faveur du président sortant, Abdulla Yameen.

Parvenu au pouvoir en 2013 dans des conditions encore controversées, M. Yameen a assis son autorité sur une répression féroce de toute forme de dissidence. Les médias, les journalistes, les associations et ONG qui critiquaient le régime ont été réduits au silence, le président n’hésitant pas à utiliser la force pour parvenir à ses fins.

Début 2018, la Cour Suprême a cassé les condamnations de plusieurs opposants, déclenchant quarante-cinq jours d’état d’urgence imposés par M. Yameen, jusqu’à ce que la Cour revienne sur sa décision – une « attaque en règle contre la démocratie », selon l’ONU. Point d’orgue de cette dérive : Mohamed Nasheed, l’ancien président, battu en 2013, et toujours chef de l’opposition, a été empêché de se présenter à l’élection présidentielle suite à une condamnation judiciaire.

“Le peuple veut la justice et la stabilité”

Pour autant, son remplaçant, le peu connu Ibrahim Mohamed Solih, a été largement élu, avec 58,3% des voix. Sa victoire a été reconnu par le gouvernement des Maldives, par le biais d’un communiqué du ministère des affaires étrangères. « J’appelle Yameen à respecter la volonté du peuple et permettre un transfert pacifique du pouvoir. Le message est clair et net. Le peuple veut la justice et la stabilité, et nous veillerons à ce que ce soit le cas » a déclaré le nouveau président.

Mais le silence assourdissant d’Abdulla Yameen laisse craindre le pire : cet homme sera-t-il capable de lâcher les rennes du pouvoir, ou résistera-t-il, par la force s’il le faut ? Les observateurs internationaux disaient craindre de « sombres événements » avant l’élection.

 

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