Publié le : jeudi 20 septembre 2018

Burundi : un chef de la milice de Nkurunziza décapité

Depuis 2015 et la réélection controversée du président Nkurunziza, le Burundi vit dans un état de tension permanente, ayant provoqué des centaines de morts et des déplacements de population d’importance. Dernier épisode en date : le chef local des Imbonerakure, une milice de jeunes affiliée au Parti au pouvoir, a été assassiné, ainsi que son épouse. Les autorités ont accusé, sans preuve, un groupe venu du Rwanda.

1 200 morts, plus de 400 000 personnes déplacées : le bilan de la crise qui secoue le Burundi depuis la réélection hautement controversée, en juin 2015, du président Pierre Nkurunziza est effrayant pour un pays de 10 millions d’habitants. La Cour Pénale Internationale (CPI) a lancé une enquête sur le pays d’Afrique de l’Est.

Au premier rang des responsables pointés du doigt figurent les Imbonerakure : si ce groupe est officiellement la “Ligue des Jeunes” du parti du président Nkurunziza, il s’agit en réalité d’une véritable milice, qui fait régner la terreur dans le pays, « hors de tout cadre légal et dans une impunité quasi totale » selon une enquête de l’ONU.

“Ces malfaiteurs lui ont tranché la tête qu’ils ont emportée avec eux”

Or, ce mercredi 19 septembre, c’est le chef de ces Imbonerakure pour la région de la colline de Buyum, au nord du pays, qui a été tué par un groupe armé. « Hier vers 21 heures, un groupe armé non identifié s’est introduit dans le ménage de Daniel Ngendakuma, le président des Imbonerakure sur notre colline. (…) Ces malfaiteurs l’ont tué et lui ont tranché la tête qu’ils ont emportée avec eux. Son épouse a également été tuée par balle avant que cette bande ne se retire. » a raconté à l’AFP un responsable administratif local.

Les autorités ont tôt fait de trouver un responsable à cette attaque d’une rare violence : le porte-parole du ministère de la sécurité publique, Pierre Nkurikiye, a accusé « un groupe armé venu du Rwanda et qui est retourné dans ce pays ». Une version des faits qu’infirme la source de l’AFP : « personne ne sait d’où venait ni où est allé ce groupe armé, car il n’y a eu aucune intervention des forces de l’ordre qui sont positionnées à la frontière avec le Rwanda voisin ».

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