Publié le : lundi 6 août 2018

Imran Khan, l’ambigu nouveau premier ministre du Pakistan

Dans un pays réclamant un renouveau, le leader du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), Imran Khan, ancien champion de cricket, a remporté les élections législatives du 25 juillet et a été nommé premier ministre. S’il propose une rupture avec la corruption traditionnelle qui gangrène la vie politique pakistanaise et se pose en interlocuteur neutre pour les conflits régionaux, son anticonformisme, ses prises de positions sur les Etats-Unis et son attachement aux vertus traditionnelles de la religion inquiètent.

Imran Khan n’appartient à aucune tradition politique du Pakistan : mondialement connu pour avoir été une star du cricket pendant des années, l’homme est entré en politique pour s’opposer à la corruption des forces au pouvoir. Son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), dont le nom signifie «Mouvement pour la justice au Pakistan», est habitué à de faibles scores aux élections et à une posture d’opposition.

Pourtant, grâce à une campagne menée tambour battant sur les thèmes d’une nécessaire réforme libérale du pays, d’une lutte acharnée contre la corruption et de l’avènement d’un «Etat-providence islamique» et d’un «Nouveau Pakistan”, Imran Khan vient de remporter les élections du 25 juillet et d’être nommé premier ministre.

Ses prises de position sur les questions de société dessinent un homme défendant les tradition d’un Islam rigoriste, Imran Khan ayant notamment dénigré le concept de féminisme et affirmé son soutien sans faille à la loi anti-blasphème. De quoi inquiéter les progressistes pakistanais…

D’un point de vue diplomatique, il prône un rapprochement franc avec la Chine, un modèle selon lui, partenaire économique et politique idéal. Il prend, en revanche, plus de distance avec les Etats-Unis, un allié historique du Pakistan, mais dont l’acharnement dans la guerre dans l’Afghanistan voisin a provoqué de nombreux morts pakistanais.

Se rapprocher de la Chine, du Pakistan, de l’Iran, sans oublier les vieilles amitiés…

Imran Khan s’est d’ailleurs affirmé partisan d’un rapprochement politique avec l’Afghanistan, avec comme objectif une ouverture des frontières entre les deux pays, à l’image de l’Union Européenne. Concernant le Moyen-Orient, le nouveau premier ministre veut rouvrir le dialogue avec l’Iran, tout en conservant les bonnes relations existantes avec l’Arabie Saoudite – se rêvant en négociateur neutre d’une paix dans la région.

Enfin, à propos voisin indien avec qui les rapports sont toujours tendus, Imran Khan a affirmé : « Si le gouvernement indien fait un pas vers nous, nous en ferons deux, mais ils doivent faire ce pas ».

 

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