Publié le : jeudi 2 août 2018

Dans l’attente des résultats électoraux, la Zimbabwe bascule dans la violence

Les résultats définitifs des premières élections post-Mugabe au Zimbabwe ne sont pas encore connus. Mais les premières annonces officielles, faisant état d’une victoire du parti au pouvoir pour les législatives, ont déclenchés des accusations de fraude de la part de l’opposition. Une manifestation devant la Commission électorale a été dispersée par l’armée, qui a tiré à balles réelles sur les opposants, faisant trois morts.

Le temps du calme n’est pas encore venu au Zimbabwe. Huit mois après la chute de Robert Mugabe, lâché par l’armée et son parti après quarante ans au pouvoir, le pays organisaitle week-end dernier, ce qui devait être, d’après le nouveau président Emmerson Mnangagwa, les premières élections libres et démocratiques du pays, .

Mais, dans l’attente des résultats définitifs, le MDC (Mouvement pour le changement démocratique), principale force d’opposition, avait fait ses calculs et estimait qu’il avait remporté les législatives et que son candidat, Nelson Chamisa, était en tête de la présidentielle.

Mais, ce mercredi 31 juillet, la Commission Electorale a publié les premiers résultats partiels des législatives. Sur 153 des 210 circonscriptions du pays, « la Zanu-PF (parti au pouvoir) obtient 110 sièges, tandis que le MDC obtient 41 sièges » : des résultats qui donneraient la majorité absolue au parti du président sortant, mais que le MDC a immédiatement contesté, rappelant que la Commission Electorale avait régulièrement truqué des élections au profit du Zanu-PF durant les années Mugabe.

“Nous avons remporté le vote populaire et nous le défendrons »

« La stratégie est destinée à préparer mentalement le Zimbabwe à accepter de faux résultats pour la présidentielle. (….) Nous avons remporté le vote populaire et nous le défendrons », a déclaré Nelson Chamisa. Il a été en cela suivi par un mouvement populaire, puisque des rassemblements se sont formés devant les locaux de la Commission Electorale, à Harare.

L’armée a voulu disperser cette manifestations, mais devant l’acharnement des opposants, des affrontements ont éclaté. Les militaires ont alors tiré à balles réelles sur les manifestants, et en ont tué trois d’entre eux, attisant la colère des partisans du MC.

« Le temps est venu de faire preuve de responsabilité et par-dessus tout, le temps de la paix est venu. En cette période cruciale, j’appelle tout le monde à cesser de faire des déclarations provocatrices […]. Nous devons faire preuve de patience et de maturité  en attendant les résultats définitifs” a réagi le président Mnangagwan. Mais le pays demeure au bord de l’embrasement.

 

 

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