Publié le : lundi 25 juin 2018

Allemagne : l’ambassadeur le plus détesté du monde !

Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Berlin concentre des flux ininterrompus de critiques depuis sa nomination. Ingérence dans la politique intérieure allemande, réception de dirigeants étrangers comme un chef d’Etat, tweets provocateurs : Richard Grenell réussit un sans-faute pour se faire détester.

Le poste est resté vacant de longs mois après que Donald Trump, dès le début de son mandat, ait congédié l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, John B. Emerson, un proche de Barack Obama. Le bouillant président américain a fini par lui trouver un successeur en la personne de Richard Grenell, 51 ans, ancien porte-parole de l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU durant la présidence de George Bush, nommé début mai 2017.

Richard Grenell a été choisi par Trump pour sa combativité et son agressivité – et en un peu plus d’un mois, il n’a manqué ni de l’une, ni de l’autre, devenant un clone de son président sur le sol allemand, au grand agacement d’une majorité de la vie politique allemande – au point que l’ensemble des partis de gauche (SPD, Verts, néo-communistes) viennent de demander son renvoi.

L’homme n’a, en effet, pas fait dans la demi-mesure. Utilisateur acharné de Twitter, comme son président, il multiplie les provocations. Petit florilège : il a sévèrement « mis en garde » les entreprises allemandes qui continueraient de travailler en Iran ; interrogé par un média américain d’extrême-droite, il a comparé le chancelier autrichien Sebastian Kurz, lui aussi d’extrême droit, à une « rock star » dont il se déclare fan, et qu’il a invité à son ambassade ; profitant de passage de Benyamin Netanyahou à Berlin, il s’est entretenu en privé avec lui…

Un « officier colonial d’extrême droite» selon Martin Schulz

Entre ingérence manifeste, provocation et dépassement de fonction (un ambassadeur n’est pas censé recevoir de dirigeants étrangers), il est accusé par ses détracteurs de se comporter en « vice-chancelier allemand ». Ce qui n’arrange en rien des relations bilatérales germano-américaines plus que tendues, Trump étant un opposant personnel déclaré de la chancelière Angela Merkel.

«Ce que fait cet homme est unique dans la diplomatie internationale. Il se comporte comme un officier colonial d’extrême droite», dénonce le social-démocrate Martin Schulz, opposant battu par Angela Merkel aux dernières élections. Il reste néanmoins peu probable que Trump désavoue un homme qui l’apprécie et qui lui ressemble tant.

Réagir à cet article

XHTML: Vous pouvez utiliser les html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Newsletter

Les actus en vidéo