Publié le : lundi 7 mai 2018

Fin de l’ETA : quel place dans l’histoire pour l’organisation terroriste ?

Après quarante ans d’actions violentes contre les autorités espagnoles et françaises, l’ETA a annoncé son auto-dissolution le 2 mai 2018. Si la fin de l’organisation terroriste achève ce qu’elle considère comme un “conflit”, et qui a fait plusieurs centaines de mort, la trace que laissera l’ETA dans l’histoire reste à écrire.

ETA, pour Euskadi Ta Askatasuna. “Pays Basque et Liberté”, en basque. Organisation d’obédience marxiste-léniniste, créée à l’origine pour résister contre le régime franquiste, elle a évolué, après la mort de Franco et le retour de la démocratie en Espagne, vers une lutte armée pour l’indépendance du Pays Basque. Les différentes attaques et attentats revendiqués par l’ETA en une cinquante d’années ont fait 850 victimes, auxquelles il faut ajouter 350 disparitions pour lesquelles l’organisation armée a toujours été suspectée.

Depuis le cessez-le-feu ordonné en 2010, l’ETA n’a plus tué personne. Le combat indépendantiste a changé de forme : la province autonome du Pays Basque espagnol est dirigée depuis la fin du franquisme par des autonomistes, et la voie politique est aujourd’hui le chemin privilégié pour la majorité des indépendantistes basques.

La communication de l’ETA, depuis l’annonce de sa dissolution, n’est pas anodine : elle annonce la fin d’un conflit. Euskadi Ta Askatasuna voudrait rester dans l’histoire comme une organisation ayant pratiqué le terrorisme parce que c’était, à cette époque, le meilleur moyen de faire avancer ses idées et son objectif central – la reconnaissance d’un Pays Basque unifié et indépendant.

Conflit ou terrorisme ?

Pour eux, les violences et les morts de ces cinquante dernières années font partie de l’histoire nationale basque : le fait que les dirigeants de l’ETA aient demandé pardon uniquement pour les victimes qui n’étaient pas engagées dans le “conflit” est un signe patent que ces nationalistes considèrent les autres comme des victimes de guerre.

A l’inverse, une partie des indépendantistes basques voudrait (comme l’immense majorité des Basques ne souhaitant pas l’indépendance) que l’ETA demande pardon pour l’ensemble des morts, et qu’elle reste dans l’histoire comme une organisation terroriste, totalitaire, et peu représentative du Pays Basque dans son ensemble.

 

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