Publié le : mardi 24 avril 2018

Soulèvement populaire au Nicaragua : Ortega tiendra-t-il ?

Certes, le président du Nicaragua, l’ancien guérillero sandiniste Daniel Ortega, a retiré la réforme des retraites qui avaient mis le feu aux poudres. Mais les manifestations qui ébranlent le pays ne devraient pas pour autant s’arrêter, suite à la violence de la répression, qui a déjà causé 28 morts.

Ironie de l’histoire : le peuple nicaraguayen reproche aujourd’hui à son président Daniel Ortega une dérive autoritaire similaire à celle du dictateur Anastasio Somoza, qu’il a pourtant combattu les armes à la main dans les années 1970.

Le 18 avril 2018, un décret présidentiel a voulu imposer une réforme des retraites : elle prévoyait, entre autre, une baisse des retraites de 5%, afin de réduire le déficit de la sécurité sociale. Dans un pays en grave crise économique et sociale, privé du soutien financier du Venezuela, la réforme n’est pas passé. Elle a déclenché 5 jours de manifestations massives notamment dans la capitale, Managua, ou à Granada.

Sous la pression populaire, Daniel Ortega a fini par retirer son projet. Mais le mal était déjà fait : les manifestations ont été réprimées dans une violence extrême, par la police et les groupes armés du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir). Le bilan est lourd, trop lourd pour l’opposition : 28 morts.

“Ortega est allé trop loin dans la répression”

« L’annulation de la réforme n’arrêtera pas le mouvement car Ortega est allé trop loin dans la répression », lance ainsi un étudiant de l’Université polytechnique du Nicaragua (Upoli), un des foyers de la contestation. Les universités étaient historiquement acquise au FSLN, mais la dérive autoritaire de Daniel Ortega a éloigné de lui certains de ses plus fervents soutiens.
Ainsi le Conseil supérieur du secteur privé (Cosep), inquiet des violences policières, pourrait remettre en cause son soutien au régime : cette alliance de révolutionnaires d’extrême-gauche et de patrons du secteur privé est pourtant l’un des piliers de la politique menée par Daniel Ortega, qui se trouve de plus en plus fragilisé et isolé.

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