Publié le : lundi 26 mars 2018

La presse italienne de droite se déchaîne contre Nicolas Sarkozy

La garde à vue puis la mise en examen de Nicolas Sarkozy ont réveillé des souvenirs en Italie : la presse de droite a profiter de cette affaire pour charger l’ancien Président de la République, tant pour la façon dont il s’était moqué de Silvio Berlusconi, précipitant sa perte, que pour l’intervention militaire en Libye et ses conséquences pour l’Italie.

S’il est un pays où la presse a réagi avec fougue à la garde à vue de Nicolas Sarkozy, c’est bien l’Italie ! En particulier la presse de droite, pour qui cette mise en examen est un juste retour de bâton d’un homme qui a, de leur point de vue, fait énormément de mal à l’Italie.

Premier fait, rappelé par toute la presse de droite italienne : le conseil européen du 23 octobre 2011, et le sourire de connivence entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel quand était évoqué devant eux le nom de Silvio Berlusconi, en pleine tourmente. Ne recevant aucun soutien international, en particulier de ses alliés français et allemand, Berlusconi avait fini par démissionner quelques semaines plus tard. Une affaire que n’a toujours pas digéré la droite italienne.

Ce moment “où ce petit coq arrogant a ri de Berlusconi”

“Nous nous souvenons très bien du moment où ce petit coq arrogant a ri de Berlusconi, c’est-à-dire de l’Italie, le 23 octobre 2011, proposant ainsi de démonter l’organisation démocratique de notre pays. C’était un ricanement de mépris et de supériorité […]. Maintenant on comprend mieux : il voulait se débarrasser du seul gouvernement hostile à ses politiques guerrières” a ainsi écrit Libero, un quotidien populiste.

Second fait, sans doute pire aux yeux de la droite italienne : Sarkozy est à l’origine, en 2011, de l’intervention militaire de l’OTAN en Libye. Une intervention qui prend un autre sens au regard des révélations sur ses collusions avec Kadhafi : “derrière cette fausse croisade pour exporter la liberté et la démocratie dans les dunes libyennes, […] il y avait à la fois le colonialisme cynique de Sarkozy et sa trahison vis-à-vis du raïs, qui avait financé sa campagne pour la conquête de l’Élysée” écrit Il Tempo, journal conservateur.

Libero est encore plus clair dans sa charge : “d’une part, l’influence de l’Italie en Libye a été drastiquement réduite, notamment celle de ses entreprises, à commencer par [le géant pétrolier] ENI. D’autre part, de ces mêmes côtes partent désormais chaque année des dizaines de milliers de malheureux, issus de toute l’Afrique et munis d’un ‘aller simple’ vers notre pays. Voilà le prix que paie l’Italie pour la guerre voulue, en grande partie, par Nicolas Sarkozy”. Autant dire que de l’autre coté des Alpes, peu de journalistes de droite ont été attristé de la mise en examen de l’ancien président.

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