Publié le : jeudi 30 mars 2017

Les VIIIe Jeux de la Francophonie : vitrine de la réussite économique de la Côte d’Ivoire ?

En juillet prochain, la Côte d’Ivoire accueillera les VIIIe Jeux de la Francophonie. L’occasion de montrer les progrès économiques enregistrés à travers le pays, depuis 2011.

Après Rabat et Casablanca (1989), Paris (1994), Antananarivo (1997), Ottawa et Hull (2001), Niamey (2005), Beyrouth (2009), et Nice (2013), c’est au tour de la Côte d’Ivoire d’accueillir la VIIIe édition des Jeux de la Francophonie. L’événement, suivi par près de 50 millions de téléspectateurs, réunira 77 États de la Francophonie, du 21 au 30 juillet prochain. Abidjan accueillera près de 4000 jeunes sportifs et artistes, 3000 bénévoles, 700 journalistes, et près de 50000 spectateurs et observateurs. Au programme, des épreuves culturelles : la chanson, le conte, la danse de création, la jonglerie, le hip hop, les marionnettes géantes, la littérature, la peinture et la sculpture, la photographie, la création numérique et la création écologique.

L’OIF, satisfaite de l’avancée des travaux

Dimanche 19 mars, la secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, a entamé un voyage de quatre jours en Côte d’Ivoire pour venir constater l’avancée des travaux – réalisés à 70% – qu’elle a jugée « satisfaisante ». Ce grand rendez-vous de la Francophonie est l’occasion idéale pour la Côte d’Ivoire de prouver son dynamisme et son attractivité. Mme Jean, qui a rencontré le Premier ministre Gon Coulibaly et plusieurs membres du gouvernement, considère ces Jeux comme « un coup de projecteur extraordinaire » pour le pays.

« On voit des équipes dédiées, qui vont des ouvriers aux responsables, très attentives aux dates et aux échéanciers qui sont prévus. Je pense qu’on va y arriver », a-t-elle commenté. « Nous avons beaucoup travaillé pour que cet événement soit un véritable succès. Nous sommes certains que d’ici fin avril tout sera prêt », a pour sa part rassuré le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara. La Secrétaire générale s’est voulue déterminée quant aux perspectives économiques que peuvent offrir ces Jeux : « nous voulons arrimer aux objectifs d’émergence à l’horizon 2020 de la Côte d’Ivoire » a-t-elle expliqué.

De bonnes nouvelles sur le front économique

La « décennie perdue », de 2000 à la crise post-électorale de 2010, paraît déjà bien loin au regard de la situation économique actuelle. En effet, depuis la stabilisation de la scène politique sous la présidence d’Alassane Ouattara, le pays connaît un succès économique remarquable, illustré par une croissance rapide du PIB (9,3% sur la période 2012-2015) et un recul de la pauvreté (passée de 51 à 46 % entre 2011 et 2015). En outre, une nouvelle vague de réformes structurelles est prévue, via la mise en place du Plan National de Développement 2016-2020, afin de stimuler une croissance, plus inclusive, tirée par le secteur privé.

« La Côte d’Ivoire est devenue la locomotive des économies émergentes africaines, la plus grande économie dans l’UEMOA (l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine) et la deuxième dans la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), se classant ainsi parmi les économies ayant les taux de croissance les plus élevés du monde », soulignait récemment Tang Weibin, l’ambassadeur de Chine en Côte d’Ivoire. De fait, ces VIIIe Jeux de la Francophonie constituent une vitrine économique incontournable pour la Côte d’Ivoire. Ils permettront également de renforcer le secteur du tourisme (il devrait connaître une hausse moyenne d’environ 5,6% par an jusqu’en 2026, d’après un rapport de la plateforme panafricaine de voyage Jumia Travel). Ce secteur a déjà généré 419 milliards de francs CFA en 2015.

Avec les prochaines échéances sportives (les Jeux de la Francophonie en 2017, puis la Coupe d’Afrique des Nations, en 2021), le secteur du tourisme compte donc bien profiter de la dynamique de développement du pays. D’autant plus que le gouvernement s’est engagé pour « la réhabilitation des infrastructures sportives et hôtelières », notamment à Abidjan, Bouaké, Korhogo et San Pedro.

Le sport reste donc un outil précieux au service de l’économie. Mais en misant sur ce secteur, la Côte d’Ivoire n’oublie pas non plus qu’il peut constituer, à terme, un formidable outil au service de son « soft power » ; un très bon vecteur de puissance, pour un futur pays émergent.

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