Publié le : jeudi 22 octobre 2015

L’énergie nucléaire est-elle une alternative pertinente aux énergies fossiles ?

nucléaire

Si l’éolien, le solaire, l’hydraulique ou la géothermie sont appelés à terme à remplacer le pétrole, le gaz ou le charbon, ils peinent encore aujourd’hui à s’imposer comme des alternatives crédibles. Limitées d’un point de vue technologique, ces énergies ne semblent en effet pas en mesure d’assumer à elles seules les exigences de la transition énergétique et nécessitent donc le maintien d’une énergie nucléaire à la fois décarbonée, durable et complémentaire.

Tout le monde sera d’accord sur la nécessité de se défaire des énergies fossiles et des émissions de CO2, dont les effets sur le climat s’aggravent chaque année un peu plus tendant vers une irréversibilité des plus préoccupantes. Mais comment alors sortir de cette dépendance tout en garantissant un approvisionnement électrique de qualité et la rentabilité de la production énergétique ?

Autant de difficultés que les énergies renouvelables ne permettent pas encore de dépasser malgré les avancées technologiques de ces dernières années et la croissance constante des moyens de production solaires et éoliens à l’échelle internationale. Ces énergies constituent des solutions d’avenir incontestables et il est bien sûr nécessaire de poursuivre de manière progressive leur développement, mais les problèmes liés à l’intermittence de ces productions et au stockage de l’énergie empêchent jusqu’à présent de les considérer comme la seule alternative envisageable pour répondre aux besoins de la transition énergétique en cours.

Dans ces conditions, l’énergie nucléaire, bien que nécessitant de lourds investissements de départ, s’impose de plus en plus comme une énergie complémentaire permettant une production d’électricité décarbonée en accord avec les objectifs de lutte contre le changement climatique. Sa production stable, bon marché et non émettrice de CO2 apparaît en effet des plus adaptées aux nouveaux enjeux énergétiques du 21ème siècle.

Un constat qui n’aura pas échappé à l’Association nucléaire mondiale (WNA) selon laquelle l’atome devrait atteindre une part de 25% dans la production d’électricité mondiale à l’horizon 2050 (contre 11% aujourd’hui), soit une augmentation de sa capacité de 1000 GW.

Commentant un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Agneta Rising, directrice générale de la WNA estime en effet qu’une telle évolution est impérative pour lutter contre le changement climatique. Le rapport 2DS de l’AIE fait valoir notamment que les énergies renouvelables progressent actuellement à des niveaux bien inférieurs à ceux nécessaires pour enrayer l’augmentation globale de la température à plus de 2°C, et que de nouvelles capacités de production nucléaire seront donc indispensables.

L’exemple de l’Allemagne est ici des plus caractéristiques. Souhaitant se désengager rapidement de l’énergie nucléaire suite à l’accident de Fukushima en 2011 et atteindre une part d’énergies renouvelables dans son mix énergétique de plus de 80% d’ici à 2022, l’Allemagne est redevenue en l’espace de quelques années un des plus gros consommateurs de charbon et du même coup, un des plus gros pollueurs d’Europe. Les fermetures successives des centrales nucléaires outre-Rhin restent aujourd’hui principalement compensées par l’augmentation de la production d’électricité au charbon et mettent en péril la sécurité d’approvisionnement du réseau électrique national.

Une situation paradoxale qui montre bien l’incapacité actuelle des énergies renouvelables à prendre le relais des combustibles fossiles et que dénoncent désormais de nombreux écologistes allemands appelant à un retour du nucléaire au regard des conséquences déplorables de l’exploitation accrue du charbon dans leur pays.

A l’exception de nos voisins allemands donc, l’énergie nucléaire connaît aujourd’hui un regain d’intérêt dans de nombreux pays en développement compte tenu des objectifs de réduction d’émissions de CO2 fixés pour les années à venir. Outre la Chine, future grande puissance du nucléaire civile confrontée actuellement à d’importants problèmes de pollution de l’air, le Maroc, la Hongrie, l’Afrique du Sud, l’Inde ou encore l’Arabie Saoudite, pour n’en citer que quelques-uns, voient désormais dans le développement de l’atome un moyen efficace de combler leur déficit énergétique, de répondre à l’augmentation des consommations électriques ou de se défaire de leur dépendance aux énergies fossiles, sans pour autant porter préjudice à l’environnement.

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