Publié le : mercredi 18 avril 2018

Syrie : Emmanuel Macron rappelé à l’ordre par les diplomaties américaines et turques

Au cour d’une interview télévisée, ce dimanche 15 avril, Emmanuel Macron s’est félicité de la réussite des frappes ciblées contre les usines d’armement chimique du régime syrien, menées conjointement par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France. Mais il s’est également vanté qu’elles aient modifié les positions diplomatiques de la Turquie et des Etats-Unis – ce que les deux pays ont fermement démenti.

Le président Emmanuel Macron souhaite redonner à la France une place centrale dans la diplomatie mondiale, notamment sur le règlements des conflits au Moyen et Proche-Orient. Mais le risque d’une position trop offensive est d’aller trop loin, de se vanter d’une réussite ou d’une avancée, rapidement démentie par les principaux intéressés.

C’est ce qui vient de se passer cette semaine : dimanche Emmanuel Macron a déclaré à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel : « Il y a dix jours, le président Trump disait : les Etats-Unis d’Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie, nous l’avons convaincu qu’il était nécessaire d’y rester (…) je vous rassure, nous l’avons convaincu qu’il fallait rester dans la durée« .

Réaction immédiate de Washington : « La mission américaine n’a pas changé : le président a dit clairement qu’il veut que les forces américaines rentrent dès que possible« . Et de rappeler que les forces américaines stationnées en Syrie sont là pour combattre Daech, et uniquement Daech. Ce dont le président français a convenu ce lundi, dans un bel exercice de rétro-pédalage : « Je n’ai pas dit que ni lesEtats-Unis, ni la France allaient rester militairement engagés dans la durée en Syrie (…) La Maison Blanche a raison de rappeler que l’engagement militaire est contre Daech et s’arrêtera le jour où la guerre contre Daech sera parachevée ».

Même histoire, ou presque, avec la Turquie. Dimanche, Emmanuel Macron a affirmé, plein de confiance : « Ensuite, par ces frappes et cette intervention, nous avons séparé sur ce sujet les Russes des Turcs (…). Les Turcs ont condamné les frappes chimiques et ont soutenu l’opération que nous avons conduite« .

Là encore, Ankara a dégainé une réponse franche et nette, rappelant que les relations entre la Russie et la Turquie étaient au beau fixe : « Nous pourrons penser différemment mais nos relations ne sont pas faibles à tel point que le président français puisse les rompre. Ceux qui défendent ce qui est juste peuvent avoir leurs divergences mais les principes de la Turquie sont clairs » a lancé le ministre des Affaires étrangères turc Mevlüt Cavusoglu.

En diplomatie, la prudence est une réelle vertu. Emmanuel Macron ne cesse de l’apprendre.

 

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