Publié le : jeudi 5 avril 2018

La justice statuera le 13 juin sur l’extradition de François Compaoré au Burkina Faso

Arrêté à Roissy en octobre 2017, François Compaoré, le frère de l’ancien président du Burkina Faso, s’est présenté devant la justice française. En question : son extradition vers le Burkina, où il est accusé, entre autre, d’avoir commandité l’assassinat d’un journaliste en 1998.

Resté 27 ans à la tête du Burkina Faso jusqu’au soulèvement populaire qui l’a poussé à la démission, Blaise Compaoré vit désormais en Côte d’Ivoire, qui lui a accordé la citoyenneté ivoirienne. Si la justice burkinabé veut toujours lui demander des comptes, notamment sur sa façon de réprimer les manifestations ou sur le meurtre de Thomas Sankara, c’est son frère François Compaoré qui pourrait se retrouver le premier devant un tribunal.

Le 28 mars, François Compaoré, ancien conseiller de son frère, a comparu devant la justice française, suite à un mandat d’arrêt international lancé par le Burkina Faso en mai 2017. Il a été arrêté en octobre 2017 à Roissy, à sa descente d’un avion en provenance de Côte d’Ivoire.

François Compaoré est accusé d’avoir commandité l’assassinat, le 13 décembre 1998, du journaliste Norbert Zongo, quelques mois après la réélection de son frère à la présidence de la République. Zongo était un journaliste d’investigation et d’opposition, qui enquêtait sur le pouvoir burkinabé et notamment sur les agissement des deux frères Compaoré.

Le corps de Norbert Zongo, ainsi que celui de trois de ses proches, avait été retrouvé dans une voiture calcinée. La garde rapprochée des frères Compaoré a été immédiatement jugée responsable de cet assassinat, qui aurait été commandité par François. Cette mort est commémorée tous les ans par les milieux étudiants et défenseurs de la liberté de la presse, qui réclament, année après année, justice pour cet assassinat.

La défense de François Compaoré a argué que les faits remontent à plus de 20 ans, que le mandat n’a pas été lancé dans les normes et qu’il risque d’être exécuté au Burkina. Les autorités burkinabé ont souligné que la peine de mort devrait être prochainement abolie au Burkina Faso, et qu’une condamnation de ce type ne serait pas appliquée.

« Le nouveau gouvernement a besoin de la coopération française »

La représentante de autorités burkinabé, Me Anta Guissé, a par ailleurs rappelé que « les procédures précédentes ont été bâclées », que « François Compaoré s’est soustrait à la justice de son pays » et que « le nouveau gouvernement a besoin de la coopération française pour l’inculper ». La justice rendra son verdict le 13 juin.

Un verdict très attendu : une extradition marquerait un infléchissement de la politique française, accusée de protéger plus que de mesure ses anciens alliés en Afrique – Blaise Compaoré lui-même avait été exfiltré pas des dignitaires français et avait reçu le soutien de François Hollande pour fuir en Côte d’Ivoire.

 

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