Publié le : vendredi 2 février 2018

Après l’échec de Sotchi, quel processus de paix pour la Syrie ?

La conférence de Sotchi, en Russie, censée proposer une solution au conflit syrien et entamer un processus de paix, s’est soldée par un fiasco, entre l’absence des forces d’opposition syrienne, celle des démocraties occidentales, et de nombreux incidents. De quoi relancer les combats sur le terrain, alors que les discussions sous l’égide de l’ONU peinent également à marquer de francs progrès ?

La Russie voulait marquer un grand coup sur la scène diplomatique mondiale : elle avait organisé sa propre conférence de paix en Syrie, à Sotchi, sur son sol, qui justifiait son absence des discussions organisées à Genève par l’ONU.

Mais si la régime de Vladimir Poutine affirme que Sotchi, qui s’est achevé ce mardi, est un succès, arguant des avancées sur un processus de réforme constitutionnelle, aucun observateur n’est dupe – cette conférence a sans doute davantage ravivé de tensions qu’elle n’en a apaisée.

Car si 1 600 invitations ont été envoyées, si les dignitaires russes, iraniens, turcs ou les représentants du régime de Bachar Al-assad étaient bien représentés – Poutine et Erdogan étant notamment présents -, les autres parties prenantes du conflit syrien brillaient par leur absence.

Aucun membre de l’opposition syrienne, aucun représentant des forces kurdes, furieuses de l’offensive turque sur leurs positions dans le nord du pays, et aucun représentant de la coalition internationale, qui estiment tous que le processus de l’ONU est le seul légitime.

« L’approche multilatérale suivie à Genève reste le seul cadre référentiel »

Le seul crédit à accorder à cette conférence est qu’elle a, par la négative, renforcé le processus de Genève qui, malgré ses peu de résultats, est au moins parvenu à réunir à la même table des ennemis sur le champ de bataille.

« Cela montre que l’approche multilatérale suivie à Genève reste le seul cadre référentiel pour engager des discussions sérieuses », a affirmé Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe à Genève. C’est également un camouflet pour la diplomatie russe. Et un risque majeur que les conflits regagnent rapidement en intensité.

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