Publié le : jeudi 1 février 2018

Finlande : un plébiscite pour le président sortant, élu au premier tour

Plus de 60% des voix dès le premier tour : la victoire de Sauli Niinistö, candidat sortant, à la présidentielle finlandaise, a pris des airs de raz-de-marée. Il est plébiscité pour son art d’équilibrer les relations diplomatiques entre le voisin russe, l’Union Européenne et l’OTAN.

« Je suis très surpris de ce niveau de soutien. Je vais devoir réfléchir sérieusement comment m’en montrer digne » a déclaré le président réélu de la Finlande, Sauli Niinistö. L’homme a de quoi être surpris : il se savait populaire, mais pas forcément au point de dépasser les 60% de votes dès le premier tour, quand son plus proche concurrent, Pekka Haavisto, candidat de la Ligue Verte, plafonne à 13% !
Membre du Parti de la coalition nationale (Kok), un parti conservateur, lors de sa victoire en 2012, Niinistö se présentait cette fois sans étiquette ; il a été réélu pour six ans, sur un programme clairement conservateur. « Son attitude bourrue et pragmatique, basée sur les faits, plaît beaucoup aux Finlandais », détaille Juho Rahkonen, directeur de recherche à l’institut de sondages Taloustutkimus.
S’il a fait entrer la Finlande dans la zone euro, c’est bien sa gestion de la politique étrangère et de la diplomatie qui ont convaincu les Finlandais. Le pays est pris entre deux feux, la Russie, voisin avec lequel la Finlande partage 1 340 kilomètres de frontière, et l’OTAN : la Finlande n’est pas membre de l’organisation transatlantique, mais elle s’est placée sous sa protection après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

L’homme du dialogue entre « la Russie et l’Occident, l’OTAN, l’Union Européenne et même les Etats-Unis »

Tout le talent de Niinistö a été de maintenir des relations constantes avec Vladimir Poutine depuis cette période, tout en renforçant ses liens avec l’occident – une attitude qui en fait un interlocuteur privilégié dans la gestion de cette crise. Sa position est « partagée par les partis politiques principaux et aussi par l’opinion« , a précisé Tapio Raunio, professeur de sciences politiques à l’Université de Tampere.
« J’ai fait de mon mieux pour qu’il y ait un dialogue entre la Russie et l’Occident, l’OTAN, l’Union Européenne et même les Etats-Unis », a ainsi déclaré Sauli Niinistö, la veille de sa victoire. Un leadership diplomatique très apprécié dans son pays, qui l’a largement remercié dans les urnes.

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