Publié le : lundi 22 janvier 2018

Offensive turque sur une enclave kurde en Syrie

Lancée dans le tonnerre d’un énorme battage médiatique, une opération militaire turque vient de démarrer contre l’enclave d’Afrin, tenue par les FDS, le mouvement militaire kurde qui fait partie de la coalition internationale luttant contre l’Etat Islamique. De quoi tendre les rapports diplomatiques entre Turquie et Etats-Unis…

Bien sûr, il ne s’agit pour l’heure que de frappes aériennes, qui ont peu de chance d’être accompagnées de mouvements au sol. Mais reste que l’armée turque vient d’attaquer frontalement, avec l’accord tacite de la Russie, un allié officiel des Etats-Unis.

L’aviation turque a en effet bombardé la ville d’Afrin, située l’extrême nord-ouest de la Syrie, non loin de la frontière turque : placée au coeur d’un espace aérien contrôlé par les forces russes, Afrin est détenue depuis 2012 par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Ce groupe armé fait partie de la coalition internationale en guerre contre l’Etat Islamique ; pro-kurde, il est considéré par Ankara comme l’extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation politco-militaire autonomiste et révolutionnaire qui lui livre une guerre de guérilla depuis 1984 dans le sud-est de la Turquie.

Que vont devenir les territoires contrôlés par les forces pro-kurdes en Syrie ?

Raison qui explique ces frappes : la Turquie n’entend pas laisser un groupe armé pro-kurde contrôler une zone proche de sa frontière ; « l’opération d’Afrin a débuté et elle se poursuivra à Manbij » a déclaré le président Erdogan, nommant ainsi une autre ville du nord de la Syrie contrôlée par les FDS.

Mais les Etats-Unis ne semblent pas déterminés à laisser un allié-clé de la coalition internationale se faire attaquer par un Etat souverain : les tensions entre Ankara et Washington se sont encore intensifiées. Dans ce contexte, il semble peu probable que les troupes turques attaquent au sol.

Les FDS contrôlent désormais un vaste territoire au nord de la Syrie, dont Rakka, et le devenir de ces terres à la fin de la guerre de Syrie est une question brûlante : les forces kurdes semblent assurées d’un soutien de la coalition internationale, mais ni la Turquie ni Bachar al-Assad n’accepteront la création d’un territoire kurde indépendant…

 

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