Publié le : lundi 20 novembre 2017

France – Iran : des tensions qui s’aiguisent

Emmanuel Macron a reçu à Paris Saad Hariri, ancien premier ministre libanais, qui se sentait menacé par le Hezbollah et l’Iran : cette visite marque le point d’orgue d’une vigoureuse offensive diplomatique française, visant à critiquer les tentations hégémoniques d’Iran sur la région. Et si la République Islamique a réagi vivement, la France semble vouloir conserver une position critique mais nuancée vis-à-vis de l’Iran.

La France veut se positionner comme médiateur pour assurer la paix au Proche-Orient : le premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri a été reçu par Emmanuel Macron ce 18 novembre, puis le président français s’est entretenu avec Donald Trump, les présidents libanais et égyptiens, le prince héritier de l’Arabie Saoudite, ainsi que le secrétaire général de l’ONU.

Ces actions marquent une prise de position plus critique de la France vis-à-vis de l’Iran, dont Emmanuel Macron lui-même a dénoncé les envies hégémoniques : « Vis-à-vis de l’Iran, notre souhait est que Téhéran ait une stratégie régionale moins agressive et que nous puissions clarifier sa stratégie balistique qui apparaît comme non maîtrisée », a notamment déclaré le chef de l’Etat français au sommet européen à Göteborg, en Suède.

« Le rôle de la France est de parler à tout le monde »

Ce à quoi Téhéran a accusé la France de s’aligner sur les position de l’Arabie Saoudite et d’Israël, clairement hostiles à l’Iran. Pour autant, Emmanuel Macron a rappelé qu’il n’entendait pas couper le dialogue avec l’Iran, bien au contraire, et que la France n’entendait pas tenir une attitude partiale : « Le rôle de la France est de parler à tout le monde. C’est à cette ligne que je me tiendrai, donc dans ce cadre, ajoute-t-il, je considère que la réaction iranienne méconnaît la position française. » a ainsi affirmé le président.

Car si la France se positionne clairement contre une mainmise iranienne sur le Golfe Persique, elle ne dénonce pas pour autant l’accord nucléaire de 2015 et entend conserver à l’Iran l’importance centrale qu’il a dans l’équilibre régional. Un numéro d’équilibriste qui marque, clairement, la volonté du président de s’imposer à l’international comme un interlocuteur valable.

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