Publié le : jeudi 28 septembre 2017

Usine Areva du Creusot : l’audit orchestré par EDF se poursuit

usine-du-creusot-EDFL’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé au groupe EDF, mardi 19 septembre 2017, d’étendre les vérifications effectuées à l’ensemble des composants fabriqués au sein de l’usine Areva Creusot Forge et installés sur le parc nucléaire en exploitation. Rien de surprenant pour le groupe français qui avait anticipé une telle exigence, et a déjà effectué tous les tests de sûreté demandés sur une douzaine de réacteurs.

Un audit généralisé à l’ensemble des équipements du Creusot

Engagée dans le cadre du plan qualité d’Areva, mis en œuvre en 2015 suite à la découverte d’anomalies dans les dossiers de fabrication de certains matériaux, la campagne de vérifications opérée sur les équipements conçus à l’usine du Creusot devra s’étendre « sur le champ (…) aux composants moulés (et pas seulement forgés) ainsi qu’aux autres composants importants – mais non nucléaires – fabriqués sur les sites du Creusot et aujourd’hui installés sur des réacteurs en fonctionnement« , a indiqué l’ASN dans une note d’information publiée mardi 19 septembre sur son site internet.

Une décision « sans surprise » pour le groupe EDF, selon les termes de Dominique Minière, directeur exécutif d’EDF en charge du parc nucléaire et thermique, qui s’attendait à de telles recommandations, et ne prévoit pas pour autant de modifier ses fourchettes de production nucléaire en 2017. L’électricien, en collaboration avec Areva, avait déjà pris de lui-même, dès le mois de septembre 2016, la décision d’élargir cet audit à l’ensemble des dossiers de fabrication des équipements installés sur le parc nucléaire en exploitation provenant de l’usine Creusot Forge. Un processus de longue haleine qui donne lieu, pour chaque réacteur, à l’élaboration d’un dossier de synthèse transmis à l’Autorité de sûreté.

Un premier bilan positif en termes de sûreté

EDF poursuivra donc, en accord avec les demandes de l’ASN, la revue exhaustive des dossiers de fabrication des pièces de Creusot Forge jusqu’au 31 décembre 2018 sur l’ensemble des 58 réacteurs du parc nucléaire français. A ce jour, le groupe a d’ores et déjà communiqué au gendarme du nucléaire les dossiers de synthèse de 12 réacteurs (Chooz 2, Paluel 4, Saint-Laurent 2, Penly 1, Cruas 3, Dampierre 3, Belleville 2, Tricastin 3, Chinon B3, Nogent 1, Gravelines 2 et Bugey 3), et aucun n’a fait état de défaillances ou de moindres capacités de résistance.

En effet, si ces dossiers ont mis en évidence « 471 fiches d’anomalies » (pièce non conforme à une exigence contractuelle ou réglementaire) et « 130 fiches de non conformité » (non-respect d’une exigence interne du fabricant), « l’analyse des constats (…) montre qu’aucune n’est de nature à remettre en question l’aptitude au fonctionnement en toute sécurité des composants concernés« , a indiqué EDF dans un communiqué. L’ensemble des normes très strictes et des contrôles applicables aux opérateurs de la filière nucléaire pendant le processus de fabrication permet par ailleurs de se prémunir contre ce type de situation exceptionnelle et de garantir la qualité des pièces concernées malgré les écarts observés. « D’autres essais réalisés pendant le processus de fabrication des pièces permettent malgré tout de garantir leur qualité (…) et je suis personnellement convaincu de la grande robustesse de la démonstration technique qui est apportée », a commenté Olivier Lamarre, directeur adjoint du parc nucléaire d’EDF, lors d’une conférence téléphonique.

Un redémarrage soumis au feu vert de l’ASN

Ces conclusions devront néanmoins être confirmées par l’ASN, qui devra se prononcer sur chacun de ces dossiers et autoriser le redémarrage de chaque réacteur après son arrêt programmé pour renouvellement de combustible. Comme précisé dans sa note, l’ASN analyse actuellement les 12 premiers bilans transmis par EDF et attend « le bilan de la revue des dossiers » concernant les autres réacteurs du parc « au plus tard deux mois avant (leur) redémarrage prévu à la suite de leur arrêt programmé ». A ce stade, 90 % des 46 réacteurs restants ont déjà passé une première étape de vérification et ne présentent pour l’instant aucune inquiétude.

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