Publié le : jeudi 29 juin 2017

États-Unis : malgré l’avis de tempête, ciel bleu sur les énergies renouvelables

etats-unis-solaireLa récente annonce par Donald Trump de la sortie de l’Accord de Paris n’a pas freiné l’essor des énergies renouvelables aux États-Unis. L’éolien et le photovoltaïque font toujours l’objet d’investissements importants de groupes américains comme étrangers.

Malgré son climato-scepticisme affiché, l’officialisation par Donald Trump de la volonté américaine de sortir de l’Accord de Paris a provoqué une onde de choc mondiale, le 1er juin 2017. La riposte médiatique d’Emmanuel Macron via sa déclaration « Make our planet great again » n’en a eu une résonance que plus puissante, preuve de la foi toujours fervente des 194 pays encore engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais qu’adviendra-t-il des avancées obtenues de haute lutte par Barack Obama pour verdir l’économie américaine ? pouvait-on s’interroger au lendemain de cette décision tristement historique. Si la relance des exploitations minières et les coupes franches dans le budget des organismes environnementaux ne présage rien de bon venant de Donald Trump, tout espoir n’est pourtant pas perdu pour les États-Unis, ni le reste de la planète.
Les citoyens américains et internationaux peuvent s’accrocher à deux principaux motifs de satisfaction. D’une part, l’agenda de l’Accord de Paris prévoit que les pays souhaitant y renoncer doivent attendre trois ans à compter de son entrée en vigueur (le 4 novembre 2016), auxquels s’ajoute un préavis d’un an. Donald Trump devra donc patienter jusqu’en novembre 2020, date de la prochaine élection présidentielle aux États-Unis. D’autre part, le marché américain des énergies renouvelables (EnR) affiche une santé de fer, poursuivant sa progression face aux combustibles fossiles. Les EnR représentent 13 % de la production électrique du pays ‒ jusqu’à 37 % dans l’Iowa ‒, soit une progression de 30 % par an entre 2002 et 2012.

L’avenir prometteur des énergies vertes américaines

Dans une récente publication, le World research institute (WRI) a listé cinq raisons de continuer à investir les énergies vertes pour assurer la croissance économique du pays : leur prix, en baisse de 41 à 94 % entre 2008 et 2015 ; le nombre d’emplois produits par le solaire, qui a quasiment doublé entre 2012 et 2015 pour dépasser celui en chute libre dans le gaz et le pétrole ; la proportion importante d’États (33 sur 50) ayant réduit leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 2000 et 2014 ; la part croissante de la population qui soutient les EnR (86 %) ; et l’appui de 200 grandes entreprises américaines dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Dans ce contexte favorable à une transition énergétique, l’avenir semble toujours prometteur pour les énergies renouvelables. Selon les prévisions de l’EIA (Energy information administration), l’éolien et le photovoltaïque devraient continuer à croître de 70 GW jusqu’à 2021. Et après 2030, l’énergie solaire pourrait même représenter plus de 50 % des nouvelles capacités de production d’électricité. Suite à l’annonce par Donald Trump de la sortie de l’Accord de Paris, plusieurs grandes villes et États ont affirmé malgré tout leur volonté de rester à l’avant-garde dans la lutte contre le changement climatique. San Francisco et Sacramento se sont ainsi engagées à réduire d’ici 2050 leurs émissions en GES de 80 à 95 % par rapport à 1990. L’élection du nouveau président américain n’a pas non refroidi les investisseurs américains et étrangers, à l’image d’EDF, qui compte au contraire renforcer son engagement outre-Atlantique via sa filiale EDF Énergies nouvelles (EDF-EN). « Aux États-Unis, personne ne nous a dit : « J’arrête tout à cause de M. Trump », confirme Antoine Cahuzac, patron d’EDF-EN. La quasi-totalité de nos partenaires n’ont pas changé leurs plans. »

Même Donald Trump veut se mettre au solaire !

Et pour cause : en mars 2017, l’énergie éolienne et solaire a dépassé pour la première fois les 10 % de parts dans la production d’électricité nationale, selon l’EIA. Le groupe tricolore a d’ailleurs annoncé son objectif d’implanter 3 000 MW en nouvelles capacités éoliennes dans le pays d’ici 2020, un total qui vient s’ajouter aux 707 MW mis en service par l’électricien français fin 2016 au Texas, dans l’Illinois et l’Oklahoma. Le 21 juin, EDF-EN a signé un nouveau contrat pour un projet éolien de 100 MW et 50 turbines dans le Minnesota, qui devrait produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 47 000 foyers. Un autre groupe français bien connu, Engie, affiche de grandes ambitions via sa filiale Solairedirect. Son premier parc solaire d’une puissance de 26,5 MW a vu le jour en 2014 en Californie, suivi d’un second de 50 MW tout juste livré au Texas. Mais la France n’est pas le seul pays étranger à investir dans les énergies vertes américaines. Dans l’Ohio, la firme espagnole Iberdrola a construit l’un des plus grands parcs éoliens au monde avec 152 turbines et une puissance installée de plus de 300 MW.
Fidèles à leur démesure, les Américains sont, quant à eux, propriétaires depuis 2014 de la plus grande centrale solaire thermodynamique au monde à Ivanpah, en Californie. D’une capacité totale de 377 MW, ses 173 500 miroirs héliostats répartis sur 14 km2 couvrent la consommation de 140 000 foyers. La vitalité des EnR aux États-Unis a d’ailleurs fini par convaincre le plus réticent des Américains sur le sujet.

Le 21 juin lors d’un meeting dans l’Iowa, Donald Trump a émis l’idée de recouvrir de panneaux photovoltaïques le fameux mur qu’il a promis de bâtir le long de la frontière américano-mexicaine. Selon lui, l’énergie produite serait censée financer la construction de ce « mur solaire ». Effet d’annonce pour justifier de la pertinence de ce mur ? Même si le projet du président américain ne paraît pas crédible et viable économiquement, la graine semble, en revanche, avoir commencé à germer dans son esprit…

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